Expedition gin : distiller 25 gins dans autant de pays | Tabloïd
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Expedition gin : distiller 25 gins dans autant de pays

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Plonger dans les eaux de l’Antarctique pour y arracher des algues avec lesquelles aromatiser son alcool. C’est jusque-là que Baptiste Gissinger est prêt à se rendre pour réussir son grand défi : distiller du gin dans vingt-cinq pays sur sept continents.

«Le gin était plus une excuse pour voyager le monde. Une distillerie, c’est quatre murs de béton et puis tu bouges plus de là. Moi je ne me voyais pas m’enfermer entre quatre murs de béton et faire ça toute ma vie. Ça me prenait un projet qui allait combiner ma passion pour les spiritueux et celle des voyages», confie l’homme à la tête d’Expedition Gin.  

Baptiste Gissinger parcourt le monde, s’arrêtant ça et là pour rencontrer les locaux ou passer la nuit dans un coin isolé

Élise Ekker - Agence QMI

Baptiste Gissinger parcourt le monde, s’arrêtant ça et là pour rencontrer les locaux ou passer la nuit dans un coin isolé

Distillateur bohémien  

C’est à bord de son camion qui traîne une petite maisonnette – dans laquelle il habite avec son chat – que Baptiste Gissinger, qui se décrit comme un « distillateur bohémien », parcourt le monde, s’arrêtant ça et là pour rencontrer les locaux ou passer la nuit dans un coin isolé. 

Pour lui, le gin, cet alcool de base, est un canevas parfait sur lequel projeter les spécificités locales, qu’il sélectionne en collaboration avec les communautés locales. Il distille ensuite son alcool sur place, selon le mode de fabrication traditionnel. «La notion du transfert des connaissances et d’échange avec les communautés sont hyper importantes pour moi dans tout le processus», dit l'homme qui distille tous ses gins de façon équitable et éco-responsable. 

L'homme distille ses gins de manière équitable et éco-responsable.

Élise Ekker - Agence QMI

L'homme distille ses gins de manière équitable et éco-responsable.

Au bout de chaque aventure, quelques centaines de bouteilles de gin voient le jour. Bien qu’elles soient dispendieuses et distribuées uniquement en circuit privé, Baptiste Gissinger nuance. «Les prix n’ont rien à voir avec ce qu’on peut trouver en SAQ, mais chaque gin est unique et prend beaucoup de temps et de travail à faire.»  

La pandémie s’invite  

Le distillateur a commencé son aventure en 2019. Au moment où la COVID-19 frappait la planète, il était à la frontière du Guatemala et du Mexique, à produire un gin avec une communauté maya. 

Tout juste avant la fermeture des frontières, il a été contraint de quitter sur-le-champ le village, laissant 650 litres d’alcool distillé sur place. 

Encore à ce jour, Baptiste attend que les frontières ouvrent à nouveau pour terminer sa production et continuer son projet, pandémie ou pas.  

Un monde à parcourir  

Il reste encore bien des pays à cocher sur la carte du distillateur bohémien. Pour les prochaines destinations - et les prochains gins -, il a entre autres dans sa mire le Pérou, le Brésil, l’Afrique du Sud, Madagascar, la Norvège, la Grèce, le Kazakhstan, la Chine, l’Australie ou encore les Philippines. 

Pour la bouteille finale, Baptiste n’envisage rien de moins que l'Antarctique. «Je vais plonger pour aller chercher des algues et ça sera la vingt-cinquième bouteille», dit-il avec aplomb.