Les Premières Nations à la conquête de TikTok | Tabloïd
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Les Premières Nations à la conquête de TikTok

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Des membres des Premières Nations de partout en Amérique du Nord ont pris TikTok d’assaut pour montrer leur culture comme ils n’ont jamais pu le faire auparavant.

«C’est lever le rideau sur notre culture qui est là. Surprise ! On était là tout ce temps», s’emballe Melissa Mollen Dupuis, militante autochtone et co-fondatrice du mouvement Idle No More au Québec. 

Certains créateurs (mais surtout certaines créatrices!) rassemblent un public qui peut s’étendre de quelques dizaines de milliers à quelques millions d’abonnés. 

Le «Native TikTok»  

Quelques concepts originaux ont aidé à populariser ce qu’on appelle communément le «native TikTok». L’un des incontournables, «c’est le glam-up», raconte Melissa Mollen Dupuis. «Un concept où quelqu’un est habillé avec négligence et où il se change en habits traditionnels tout d’un coup», poursuit-elle. 

Qu’on pense à la démonstration de mocassins, qu’on associe au #rockyourmocks, ou encore aux vidéos en duo de chanteuses de gorge qui performent des chants traditionnels, les concepts sont nombreux et Melissa Mollen Dupuis se réjouit de leur succès. 

«Pour des nations qui sont tournées vers la musique ou la danse, la vidéo comme sur TikTok, c’est une suite logique», affirme-t-elle. 

Pour l’affirmation des Premières Nations 

De nombreuses vidéos sur TikTok s’acharnent à déconstruire les stéréotypes autour de la culture autochtone. Les coiffes et les costumes typiques qu’on peut voir à l’Halloween y sont moqués par les créateurs autochtones, par exemple. 

@tikahp

Repost because tiktok just deleted my video | It’s ✨the ignorance✨for me 🥱🙄 ##culturalappropriation ##indigenous ##native ##fyp

♬ son original - Erica Hervieux

Des enjeux plus sérieux, comme l’Enquête sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, sont écorchés par des créateurs plus revendicateurs qui critiquent l’image enjolivée que les gens ont du Canada malgré la façon dont il traite les communautés autochtones. 

Annie Buscemi, une jeune inuk de 23 ans originaire d’Iqaluit, utilise quant à elle sa plateforme pour s’en prendre au manque de ressources en santé mentale pour les communautés du Nunavut et du Nunavik.

«Je suis très affectée par le taux de suicide», raconte-t-elle. La jeune femme a déjà souffert de troubles de santé mentale au point de devoir être en arrêt de travail. Dans l’une de ses vidéos, on la voit pleurer après avoir appris le suicide d’un autre jeune de sa communauté. 

@annieneevee

grieve your loss, then allow their soul to rest. be there for each other. love one another. 💛 ##mentalhealthmatters ##nativetiktok ##inuk ##stayalive

♬ cherry wine jonah kagen cover - Jonah

Pour lutter contre la lourde tendance chez les nations inuites, elle publie quotidiennement des vidéos où elle énumère des «raisons de rester en vie» propres aux jeunes Inuits. 

Tous les arguments sont bons pour s’accrocher dans les moments difficiles. L’amour de la langue inuktitut ou le simple fait de voir un autre coucher de soleil sur la baie d’Hudson, sont autant de «petites choses qui font du bien et qui peuvent rendre heureux», selon Annie Buscemi . 

Vous avez besoin d’aide ?  

Ligne québécoise de prévention du suicide
www.aqps.info
1-866-APPELLE (277-3553)

Jeunesse, J’écoute
www.jeunessejecoute.ca
1-800-668-6868

Tel-Jeunes
www.teljeunes.com
1-800-263-2266

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