Une semaine comme chauffeur-livreur pour Uber Eats | Tabloïd
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Une semaine comme chauffeur-livreur pour Uber Eats

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Uber a reçu le feu vert pour se déployer dans toutes les villes du Québec depuis que la nouvelle Loi concernant le transport rémunéré de personnes par automobile est entrée en vigueur le mois dernier. Déjà, dans des villes comme Sherbrooke et Trois-Rivières, le service de livraison de nourriture Uber Eats est disponible en plus du transport de personnes. Pour se développer, ces services déjà très populaires à Montréal ont besoin d'une nouvelle flotte de conducteurs. Quels sont les défis de cet emploi? Est-ce que c'est payant? On a tenté pendant une semaine d'être coursier pour Uber Eats à Montréal, là où le marché est le plus effervescent, pour en avoir le coeur net.

Par Alex Proteau - 24h

Il faut s'y prendre d’avance    

La première leçon est venue avant même de commencer à conduire : il faut s’y prendre à l’avance pour être chauffeur pour Uber.

L'inscription à la plateforme requiert plusieurs pièces d'identité et de paperasse liée au véhicule, et chaque envoi mal fait retarde notre admission. Vient ensuite la vérification d'antécédents judiciaires. Au total, les démarches de notre journaliste se sont étalées sur une durée d’environ trois semaines.

Rester zen malgré les détours    

Montréal a beau être en zone rouge, c’est toujours le orange qui domine dans le paysage urbain, avec tous les cônes et panneaux qui indiquent des chantiers. Au cours de notre expérience, les détours, sens uniques et routes interdites ont testé la patience de notre journaliste, tout particulièrement au centre-ville et près du boulevard Pie-IX, à Montréal-Nord. 

La malbouffe est particulièrement populaire chez les clients de Uber Eats. La pizza est indétrônable.

Capture d'écran

La malbouffe est particulièrement populaire chez les clients de Uber Eats. La pizza est indétrônable.

Il lui a parfois fallu marcher plusieurs centaines de mètres entre sa voiture et l’adresse où livrer la commande, pour cause de manque de stationnement.  

Les enjeux liés à la circulation et au stationnement ne sont évidemment pas les mêmes dans chaque ville du Québec : on gage que les bouchons sont beaucoup moins pires autour du McDonald’s de Sherbrooke qu’autour du Five Guys au centre-ville de Montréal.

Il faut être rusé pour faire de l’argent    

Pour faire de l’argent avec Uber, il faut être stratégique. Quelqu’un qui veut en vivre à temps plein doit savoir qu’il y a des plages horaires qui ne sont pas très rentables (et plutôt ennuyeuses), et d’autres qui sont beaucoup plus payantes, comme les vendredis, samedis et dimanches.

En un peu moins de 38h de travail, notre journaliste a effectué 60 courses pour un total de 639,37$. Cela représente approximativement 17$ de l’heure. En soustrayant le coût de l'essence, on se retrouve plutôt avec un montant de 16$ de l'heure.

Capture d'écran

En un peu moins de 38h de travail, notre journaliste a effectué 60 courses pour un total de 639,37$. Cela représente approximativement 17$ de l’heure. En soustrayant le coût de l'essence, on se retrouve plutôt avec un montant de 16$ de l'heure.

Notre journaliste a connu sa pire journée le mercredi, en ayant amassé l’équivalent de 12$ de l’heure, alors qu’il a réussi à obtenir un taux horaire de 25$ le vendredi. En moyenne, sur une semaine, il a amassé 16$ de l’heure.

Ces montants tiennent compte de l’essence utilisée, mais pas des frais d’usure de la voiture, qui s’accumulent avec le temps.  

Avec plus d’expérience et en faisant plus d’heures lors des journées les plus payantes, il serait possible de faire davantage que 16$ de l'heure en étant coursier pour Uber Eats dans la grande région de Montréal.  

Des commandes bizarres   

Certaines commandes reçues étaient carrément bizarres. Une cliente qui a commandé des oeufs d'un restaurant situé à plus de 40 minutes de chez elle a probablement dû les manger froids. À l'opposé, un client a commandé un plat d'un restaurant asiatique situé à peine à 100 mètres de son domicile. Un imbroglio involontaire avec une commande a même mené à ce que notre journaliste puisse la manger!

L'application Uber Eats met dorénavant par défaut l’option de laisser la commande à la porte du client.

Capture d'écran

L'application Uber Eats met dorénavant par défaut l’option de laisser la commande à la porte du client.

Les restaurants de type fast-food sont populaires   

Après une semaine de livraison, notre journaliste a constaté que les restaurants de type fast-food sont les plus populaires auprès des clients de l'application. Les commandes pour des salades ou encore des repas gastronomiques sont peu nombreuses. En tête du palmarès, la pizza est indélogeable.

Livrer en temps de pandémie    

Comme dans la plupart des métiers, la COVID-19 a amené son lot de consignes à respecter pour les chauffeurs d’Uber, comme le port du masque obligatoire lors des livraisons et l’obligation de désinfecter notre véhicule entre chaque course. Depuis peu, l’application préconise les livraisons laissées devant les portes des clients: on ne voit donc pas grand monde pendant notre quart de travail.

Quoi amener?    

Voici quelques objets qui deviennent rapidement essentiels quand on est coursier pour Uber Eats :     

  • Une batterie portative, parce que l’application de chauffeur vide rapidement la charge de notre téléphone    
  • Un lunch complet pour éviter de devoir se mettre hors ligne dans les heures d’achalandage élevé   
  • Une bonne paire de souliers ou de bottes pour affronter le dédale de trottoirs, planchers de restaurants et escaliers d’immeubles à logements que l’on parcourt dans la journée