Enseigner les règles du français à travers les mèmes | Tabloïd
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Enseigner les règles du français à travers les mèmes

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Un professeur de cégep du Bas-Saint-Laurent a trouvé un moyen original pour inculquer les règles du français à ses étudiants : il crée des memes qu'il diffuse sur un compte Instagram.

«J’utilise un ton humoristique donc la réception est très bonne, assure Benoit Dumais, qui enseigne au cégep de Rivière-du-Loup. Les jeunes ont horreur de se faire dire quoi dire et quoi penser», dit celui qui crée des memes alliant un ton humoristique et des jeux de mots mnémotechniques.

Pour l'enseignant propriétaire du compte @scribecegeprdl, c'est le meilleur moyen de faire passer un message de rigueur aux étudiants âgés entre 17 et 23 ans, tout en évitant un ton moralisateur.

Au rang des erreurs les plus fréquentes auxquelles il veut s'attaquer, le professeur cite les anglicismes : «héros sans s», «langage avec un u», «je feel», «je like» ou encore «est-ce que c’est woke?». 

«Je sais pas si c’est parce que ces élèves lisent beaucoup en anglais ou jouent aux jeux vidéos, soulève le professeur. Le sentiment de fierté de notre langue s’est peut-être perdu au fil du temps», dit celui qui compte bien le ramener à l'ordre du jour.

Des inventions québécoises ingénieuses

Le français québécois est pourtant porteur d’inventions linguistiques ingénieuses, rappelle Benoit Dumais.

Il cite le mot «courriel» au lieu de «email», ou encore «divulgâcher» - contraction de «divulguer» et «gâcher» pour remplacer le verbe «spoiler» : «une invention langagière hyper bonne», selon lui, et qui est même entrée dans le Larousse en 2019.

L'enseignant soutient que les générations plus anciennes auraient plus conscience de la nécessité de défendre le français et donc moins tendance à faire des fautes.

«Les adultes qui ont vécu l’anglicisation de Montréal, l’affichage en anglais dans les années 1950-60, la montée du nationalisme, ont peut-être un sentiment de fierté plus grand», avance-t-il.

C’était mieux avant? Pas forcément, puisque ses bons élèves actuels ont un meilleur niveau que ceux d’il y a une quinzaine d’années, explique le professeur.

La politique éducative devrait, selon Benoit Dumais, valoriser ce sentiment de fierté «plutôt que de taper sur les doigts des gens qui ne suivent pas toutes les règles». 

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