Au diable les règles dans un resto bondé à Laval | Tabloïd
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Au diable les règles dans un resto bondé à Laval

Plus de 200 personnes ont festoyé et dansé samedi soir pendant que trois régions passaient en mode alerte

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Danse, presque pas de port du masque, nombreux rapprochements, alcool servi après minuit. Plus de 200 personnes semblaient ignorer complètement la menace de la COVID-19 lors d’une soirée festive dans un restaurant de Laval samedi soir.

Au moment où plusieurs régions du Québec passaient de la zone jaune à l’orange, la fin de semaine dernière, les clients du restaurant Lordia, à Laval, ne semblaient pas s'inquiéter de la COVID-19.

Non respect des règles de la Covid-19 au Restaurant Lordia sur le boulevard Curé-Labelle à Laval dans la soirée du samedi 19 septembre 2020.

Capture écran

Non respect des règles de la Covid-19 au Restaurant Lordia sur le boulevard Curé-Labelle à Laval dans la soirée du samedi 19 septembre 2020.

La liste des manquements aux directives de la Santé publique, martelées depuis des mois par le gouvernement Legault, était longue. 

Dans ce restaurant de type salle de réception, des dizaines de tables étaient disposées autour d’une piste de danse et d’une scène, qui a d’ailleurs accueilli deux chanteurs, samedi soir. Des tables se trouvaient à moins de deux mètres l’une de l’autre, et aucune barrière physique, comme des plexiglas, n’était présente.

Si les clients sont arrivés avec leur masque, plusieurs l’ont rapidement délaissé pendant leurs déplacements. Même des employés effectuant le service aux tables se promenaient sans couvre-visage. 

Au fil de la soirée, la distanciation physique semblait de moins en moins respectée, au point où, aux alentours de 23 h, des clients se sont levés pour se déhancher au rythme de la musique libanaise. 

Passage éclair de la police 

Vers minuit, le party a été interrompu par la présence d’une dizaine d’agents du Service de police de Laval (SPL). Dans le cadre de l’opération OSCAR, annoncée vendredi dernier par la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, ils devaient s’assurer que les mesures d’hygiène et de distanciation soient bien respectées. 

Ceux et celles qui dansaient se sont alors rassis à leur table. La police est demeurée sur place une dizaine de minutes et n’a donné aucun constat d’infraction.

De nombreux clients se sont levés pour danser, en fin de soirée.

Capture d'écran

De nombreux clients se sont levés pour danser, en fin de soirée.

Environ une heure plus tard, les festivités ont repris avec vigueur.

Le service d’alcool était toujours possible, même si, depuis le 17 septembre, celui-ci doit cesser après minuit dans cette région en zone jaune.

À deux reprises, des employés ont demandé à la journaliste, qui passait pour une cliente, de cesser de filmer avec son cellulaire, et surtout, de ne rien diffuser sur les réseaux sociaux. 

« Répréhensible »

« Les tenanciers de l’établissement... c’est comme s’ils avaient fait exprès. Ils ont organisé une mise en scène devant les policiers. Ce n’est plus de la négligence. C’est carrément répréhensible », estime l’épidémiologiste Nima Machouf, à qui nous avons raconté notre soirée.

Joint par téléphone, Michel Imad, le propriétaire du Lordia, a nié tout manquement aux règles de la Santé publique.

La façade du Lordia, situé sur le boulevard Curé-Labelle.

Photo Ben Pelosse

La façade du Lordia, situé sur le boulevard Curé-Labelle.

« Je pense que vous avez eu de mauvaises informations [...]. Vous vous êtes trompé de restaurant [...]. Toutes les mesures ont été respectées », a-t-il affirmé.

La porte-parole du SPL Julie Marois a expliqué que le rapport des patrouilleurs qui se sont présentés n’indiquait pas que des infractions avaient été commises. 

Selon elle, le SPL était davantage en mode sensibilisation lors de sa tournée des bars et restaurants le week-end dernier. D’autres corps policiers au Québec ont cependant remis des contraventions.

De tels comportements doivent cesser 

« Les rassemblements sont la source principale des éclosions à Laval », explique Judith Goudreau, du service des communications de la Santé publique de Laval.

Sans commenter directement la situation que nous avons observée au Lordia, elle ajoute que « de tels comportements doivent cesser dès maintenant, sans quoi Laval passera au palier orange rapidement ».

La région compte 6688 cas confirmés depuis le début de la pandémie.

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