Il quitte le Québec avec sa caméra pour montrer la détresse de Beyrouth | Tabloïd
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Il quitte le Québec avec sa caméra pour montrer la détresse de Beyrouth

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Au moment où la double explosion s’est produite à Beyrouth, le 4 août dernier, le photographe québécois Drowster a décidé de s'envoler vers le Liban, armé de sa caméra. Depuis, il capte quotidiennement la détresse des victimes de la crise qui ébranle le pays.

« Il y a des gens qui vont aider en envoyant des dons, de l’argent, mais moi ma manière d’aider c’est de prendre des photos pour raconter leur histoire », affirme le jeune montréalais qui a déjà voyagé dans plus de 45 pays qui connaissent des troubles politiques.   

La ville en ruines  

La ville est méconnaissable selon le photographe.

Drowster

La ville est méconnaissable selon le photographe.

« La destruction est encore fraîche », raconte le photographe qui se souvient que Beyrouth portait déjà des marques comme « des trous de balles dans les murs ». La souffrance est à tous les coins de rue, constate le photographe de 27 ans qui avait déjà voyagé au Liban lors de la révolution qui a secoué le pays en octobre dernier.  

La ville de Beyrouth, à cette époque, était déjà endommagée par des années de guerre civile et par des conflits ponctuels avec Israël. Aujourd’hui, le photographe trouve particulièrement éprouvant de voir les Libanais « qui sont habillés d’une manière que tu penserais qu’ils sont de la classe moyenne » en train de fouiller les poubelles pour trouver de quoi manger.   

La tristesse et la frustration des gens est aussi palpable dans les rues. Bien que le gouvernement soit tombé, il y a toujours la crise sanitaire et la corruption, raconte Drowster.   

« Leur situation est 15 fois pire que la nôtre : ils n’arrivent pas à mettre quelque chose sur la table, ils ont la crise économique, la révolution, la crise politique et la pandémie en plus », raconte-t-il.  

Un photographe patient  

Drowster compte publier un livre sur ses voyages au Liban pour mieux raconter ce pays. Il croit que son travail se démarquera puisqu’il fait quotidiennement preuve de patience. « Il y en a qui vont chez quelqu’un, qui prennent 10-15 minutes parce qu’ils ont autre chose à faire. Mais quand tu veux gagner la confiance de quelqu’un ça prend du temps et de l’intimité pour mieux comprendre la personne. »  

C’est avec cette approche qu’il a convaincu Cecilia, une libanaise qui a été défigurée lorsque son appartement s’est effondré sur elle, de se laisser prendre en photo malgré ses blessures. « Elle va avoir des cicatrices dans son visage, elle a littéralement perdu un bout de peau de son front. Elle a dû avoir une chirurgie. »  

Cecilia Pellosniemi porte pour toujours les marques de la double explosion du port de Beyrouth.

Drowster

Cecilia Pellosniemi porte pour toujours les marques de la double explosion du port de Beyrouth.

Drowster n’en est pas à son premier voyage en terrain dangereux. Il a auparavant été au Kashmir, une région que se disputent l’Inde et le Pakistan depuis des décennies, et aussi en Iraq pendant que la guerre contre l’État Islamique y faisait rage. « J’avais vu des villages que l’État Islamique avait été détruits. C’était sombre et sans vie humaine », décrit le photojournaliste qui trouve comparable la désolation laissée par l’explosion de Beyrouth à celle laissée par le groupe armé irakien.   

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