«La solitude est immense» : les CHSLD vécus par un clown thérapeutique | Tabloïd
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«La solitude est immense» : les CHSLD vécus par un clown thérapeutique

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Après 5 mois de pandémie de COVID-19, la solitude et la détresse des aînés dans les CHSLD reste alarmante, selon Guillaume Vermette, qui est clown humanitaire et a vu des situations de crise variées à travers le monde. 

«C’était carrément un choc», insiste Guillaume Vermette, habillé en civil avant de revêtir son habit clownesque pour visiter les résidents du CHSLD de Val des Arbres, à Laval. «J’ai l’habitude de voir ce genre de réalité et de détresse, mais à l’autre bout du monde. C’est un peu comme s’il y avait un camp de réfugiés dans ma cour», constate celui qui a parcouru une quarantaine de pays en guerre ou en crise.

«Crise humanitaire»    

Depuis la mi-juin, le Trifluvien quitte son look décontracté pour enfiler son habit de lumière et rendre visite à des personnes âgées dans des résidences du Québec, pour les sortir de leur quotidien le temps d’un instant. Ses conclusions ne sont pas des plus optimistes.

«Je trouvais déjà que les CHSLD, c’était une des populations les plus marginalisées, les plus en détresse émotionnelle. Là, je pense que je pourrais utiliser les mots ”crise humanitaire”», raconte-t-il, allusion au manque de moyens qu’affrontent les CHSLD. 

Pendant le confinement, «M. Yahou» est intervenu auprès des aînés par webcam interposée. Le 16 juin dernier, un établissement lui a ouvert ses portes. 

«Le premier CHSLD où je suis allé, il y avait une tente de l’armée à l’entrée. La moitié des résidents étaient décédés du virus. La moitié des chambres étaient vides», énumère-t-il. 

Ça va mieux, oui mais...    

Les cas de contamination actuels concernent une population plus jeune. Mais le fait que la COVID ait presque quitté les CHSLD ne lui fera pas oublier la crise passée. 

«J’ai envie de dire que ça va mieux maintenant, mais la réalité c’est parce que les gens qui sont atteints du virus sont décédés, constate Guillaume Vermette. Les autres, qui ont survécu, ont eu à être isolés de manière, à mon avis, inacceptable, dans plusieurs endroits, pendant des semaines, des mois.» 

«La solitude est immense, le besoin de chaleur et de contact humain est immense.»    

Depuis 15 ans, «M. Yahou» promène son nez rouge dans le monde pour aider des populations vulnérables : des orphelins en Russie, des réfugiés en Syrie, des enfants au Burkina Faso, des Inuits au Nunavik, etc.  

«Au final, peu importe où je suis sur la planète, je me rends compte qu’on est tous pareils, analyse-t-il. Au final, on veut tous à peu près la même chose, on veut être aimés, on veut être vus, puis on veut être heureux, tout simplement.» 

Transmettre le virus du clown    

Loin de l’image du clown glauque ou de l’amuseur à la perruque multicolore, le clown thérapeutique est pour Guillaume un levier d’intervention pour briser l’isolement et redonner de l’estime de soi. 

Il compte d’ailleurs transmettre sa passion du théâtre clownesque à travers La Caravane philanthrope. Pendant le confinement, ce collectif d’artistes humanitaires a organisé des spectacles en extérieur, aux balcons des CHSLD ou des HLM. 

Un bon moyen de passer un message simple et universel : «S’il vous plaît là, aimez-vous et entraidez-vous! On en a besoin plus que jamais, mais il ne faudrait pas attendre d’en avoir besoin pour le faire.» 


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