Facebook : un boycottage sans lendemain | Tabloïd
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Facebook : un boycottage sans lendemain

Le mouvement de protestation contre Facebook prend fin ce samedi

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Le gouvernement du Québec et plus d’un millier de compagnies à travers le monde ont boycotté Facebook pendant le mois de juillet en retirant leurs publicités du réseau social. Même si ce mouvement s’est fait connaître partout sur la planète, il a très peu affecté Facebook, constatent trois experts.

À quel point ce retrait des publicités a-t-il déstabilisé Facebook?

Jean-Philippe Décarie-Mathieu, expert en cybersécurité:

«Si Facebook a un peu moins de partenaires au niveau de la publicité durant un mois, ça va peut-être faire une petite coche dans leur budget annuel, mais ce ne sont pas quelques semaines qui vont faire une différence pour le réseau social.»

Arnaud Granata, président d’Infopresse et spécialiste des médias

«Est-ce que le mouvement a eu un impact significatif? Non. Mais, est-ce encore un coup supplémentaire qui nuit à la réputation de Facebook? Oui. J’ose imaginer qu’à un moment donné, toutes ces actions mises bout à bout vont faire pression sur le réseau social et les gouvernements vont peut-être intervenir dans ce dossier.»

Joé T. Martineau, professeure adjointe au département de management à HEC Montréal:

«On ne peut pas prédire vraiment ce que ça va faire à moyen ou à long terme pour Facebook, mais c’est positif pour la communauté d’affaires en général, de montrer qu’il y a mobilisation, qu’il est possible d’adresser des enjeux de société à travers les entreprises.»

AFP

Qu’est-ce que le gouvernement et les compagnies auraient pu faire de plus?

Arnaud Granata:

«Si on veut vraiment impacter Facebook, il faudrait faire un boycottage qui dure plus qu’un mois. Boycottage veut dire d’arrêter de mettre des dollars sur la plateforme en publicité, mais aussi de retirer ces pages d’entreprises, donc disparaître de Facebook.»

Jean-Philippe Décarie-Mathieu:

«On a beau dire qu’il faut faire des campagnes de désinvestissement et de boycottage envers Facebook et compagnie, mais il faudrait vraiment un changement complet de nos méthodes de communication et de marketing commercial ou politique. En ce moment, on n’a pas d’alternative.» 

Joé T. Martineau:

«Dès le départ, les organisateurs de ce protestation savaient que si c’était un mouvement trop drastique, ils auraient eu beaucoup moins de succès. Ça a été prévu comme une contestation temporaire. [...] Je ne sais pas à quel point les entreprises auraient embarqué si c’était quelque chose de plus permanent.» 

AFP

Pourquoi le gouvernement et les entreprises ne continuent-ils pas le boycottage?

Jean-Philippe Décarie-Mathieu:

«Le gouvernement et les entreprises ont besoin de cette plateforme pour opérer, alors ce n’est même pas dans leurs intérêts d’effectuer un boycottage à plus long terme.»

Joé T. Martineau:

«Peut-être que des organisations vont décider de boycotter Facebook à plus long terme, mais je n’ai pas l’impression que les très grands joueurs vont décider d’aller dans ce sens-là.» 

Arnaud Granata:

«Peut-être que des entreprises vont prolonger le mouvement. Ça va être intéressant de surveiller ça dans les prochains jours et les prochaines semaines. Pour l’instant, on est le 1er août et je n’ai rien entendu parler de tel.»

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