Des Inuits commerçaient avec des pêcheurs basques sur la Côte-Nord | Tabloïd
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Des Inuits commerçaient avec des pêcheurs basques sur la Côte-Nord

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Deux étudiantes montréalaises ont plongé sur la Côte-Nord l’été dernier et ont trouvé des vestiges qui pourraient nous en apprendre plus sur les échanges commerciaux entre des pêcheurs européens et des autochtones qui datent du 16e siècle. 

«On a découvert des tuiles de couverture en terre cuite d’origine basque, et aussi des pierres de lest pour les bateaux», décrit Sarai Barreiro Argüelles, doctorante en archéologie maritime. 

Ces découvertes pourraient permettre d’en savoir plus sur la nature des relations entre les Inuits et les pêcheurs basques.

Des tas de pierres de lest ont permis d'identifier des endroits où les bateaux jetaient l'ancre.

Courtoisie Saraí Barreiro Argüelles

Des tas de pierres de lest ont permis d'identifier des endroits où les bateaux jetaient l'ancre.

«Ça a vraiment une grosse importance, parce que ça nous permet de voir qui échange avec qui, explique Emilie Teasdale, étudiante en maîtrise en archéologie. Ça pourrait nous informer sur beaucoup d’autres sites après et nous aider à comprendre le territoire.» 

Les trouvailles sous-marines, dont la position a été enregistrée avec un GPS, ont permis de mettre au jour deux sites de pêche, où étaient érigés des bâtiments saisonniers, utilisés en été. Des pêcheurs du pays basque, une région à la frontière franco-espagnole distante de plus de 4000 kms, venaient y pêcher la morue et la baleine. 

Première étape  

La découverte des sites est seulement un premier pas puisque leur fouille, prévu cet été, n’a pas pu être menée en raison de la COVID-19. Cette opération pourrait permettre d’en savoir plus sur le mode de vie des deux groupes. 

Même en plein été, les étudiantes confient avoir du plonger dans une eau gelée à 10°C, à l’embouchure de la rivière Saint-Paul, à une cinquantaine de kilomètres de Blanc-Sablon.

Dans une eau à 10°C, les sessions de plongée courtes et intenses ont permis de retrouver divers objets.

Courtoisie Saraí Barreiro Argüelles

Dans une eau à 10°C, les sessions de plongée courtes et intenses ont permis de retrouver divers objets.

«Nos capacités physiques étaient vraiment mises à l’épreuve, explique Emilie Teasdale. On avait juste le temps de la plongée, donc une heure environ par jour.»  

L’équipe composée de 3 étudiantes était encadrée par les archéologues Erik Phaneuf et Brad Loewen. Elle a participé à ces opérations dans le cadre du Gateways project, mené depuis 2001 par le Arctic Studies Center et la Smithsonian Institution, un organisme de recherche scientifique basé à Washington. Des fouilles archéologiques sont prévues dans le futur pour mieux connaître la nature des relations entre Basques et Inuits.

Avant Jacques Cartier?

Comme en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent, la présence basque aurait débuté avant-même l’arrivée de Jacques Cartier en 1534. 

«On dit que l’archéologie ça peut être quelque chose à la Indiana Jones, mais ça nous apporte quelque chose de plus réel», ironise Sarai Barreiro Argüelles. 

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