Faut-il désarmer les policiers? | Tabloïd
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Faut-il désarmer les policiers?

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Pendant que certains corps de police, comme celui de Montréal, se dotent de politiques d’interpellation, des groupes de pression continuent de militer pour le désarmement des policiers.

«La demande vient d’un constat : les réformes policières ne fonctionnent pas et le problème n’est pas tel ou tel pratique policière, mais l’institution en tant que telle», explique le doctorant en sociologie Philippe Néméh-Nombré, qui milite pour le désarmement policier dans la foulée du mouvement BlackLives Matter. 

Le sentiment de sécurité dans les villes doit être revu, poursuit le militant. «Ce dont on se rend compte, c’est que la présence d'armes, que ce soit du côté des policiers et des citoyens créent des situations violentes.»

De son côté, le professeur à l’École de criminologie à l’Université de Montréal Rémi Boivin doute que le désarmement des policiers soit une solution viable dans un avenir rapproché.

«À court et moyen terme, c’est difficile à concevoir, affirme-t-il. Il ne faudrait pas simplement enlever les armes des policiers. Il faudrait changer le contexte légal, l’emploi la force, la formation. C’est tout un défi pour le dire simplement.»

Le modèle de l’Angleterre   

Même si certains pays comme l’Angleterre ont adopté un modèle où la majorité des patrouilleurs policières ne sont pas armés, il est difficile d’en faire un bilan et d’évaluer l’efficacité des patrouilleurs sans-arme, selon le professeur, car les attentes de la population envers les policiers ne sont pas les mêmes.

«Ça dépend comment tu arbores la question. Certains vont dire : il y a moins de crimes et de désordre parce que les policiers sont armés. Le port de l’arme à feu, c’est une question idéologique, dans le fond», explique Rémi Boivin.

Selon une enquête réalisée par le réseau CBC, plus de 400 Canadiens sont morts des suites de contacts ou d'altercations avec des policiers entre 2000 et 2017.

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