Voici à quoi ressemblera votre prochaine soirée dans une boîte de nuit | Tabloïd
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Voici à quoi ressemblera votre prochaine soirée dans une boîte de nuit

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Masques pour circuler, danse interdite, commandes sur des codes QR : de nombreuses boîtes de nuit ont rouvert ce week-end avec des mesures sanitaires accrues qui donnent un air d’après-confinement, mais pas encore d’après-COVID. 

Plusieurs bars ont fait le choix de rouvrir ce week-end, après plus de trois mois où la vie nocturne était sur pause. Le bar La Voûte, club branché du centre-ville de Montréal, a frappé fort en imposant le port du masque pour circuler dans l’établissement. 

«Moralement, on a une responsabilité de ne pas être un nouveau foyer de contamination», résume la directrice des événements corporatifs, Annie-Audrey Fortin. 

Cette implication vis-à-vis de la santé du public est doublée d’une responsabilité envers les autres bars, explique le propriétaire, qui veut montrer l’exemple dans le secteur.  

«On veut être considérés viables et rentables, dit Nazim Tedjini. Donc il faut qu’on en fasse plus que les autres commerces, parce qu’on sait qu’on est vraiment non-essentiels». 

Le personnel veut éviter les exemples malheureux d’autres pays, où des établissements ont rouvert sans se préparer assez, donnant lieu à de nouveaux foyers de contamination. Le personnel a donc travaillé pendant près de deux mois pour la réouverture et a investi «dans les 20 000 dollars». 

Étape 1 : la file d’attente     

Le personnel est parti d’un constat : lors de la réouverture de plusieurs bars la semaine dernière, les agents de sécurité ont perdu le contrôle de la file d’attente, en témoignent les attroupements nocturnes récents sur les trottoirs du boulevard Saint-Laurent. 

«On a augmenté la sécurité, avec deux agents de chaque côté du tunnel pour s’assurer que les mesures soient respectées», détaille Annie-Audrey Fortin. 

Devant l’imposant bâtiment de l’ancienne Banque royale, des autocollants jonchent le sol à des intervalles de 4 mètres, et non 2. Sur place, la file d’attente reste contrôlée, l’affluence étant limitée à la reprise de l’activité. 

À la porte, la règle est simple : les groupes jusqu’à 10 sont acceptés, les autres sont recalés.

Dans le couloir pour rentrer, des panneaux de plexiglas ont été installés pour isoler les deux sens de circulation.

Le propriétaire explique s’être appuyé sur les guides de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), pour créer un modèle qui fonctionne.
Les réservations sont priorisées, pour faire face à la réduction de la capacité d’accueil : «on divise un club par deux, avec environ 300 personnes attendues ce soir alors qu’on a une capacité de plus de 520», rappelle M.Tedjini. 

Dans le hall chic de l’immeuble, on sent une curiosité de voir à quoi va ressembler la vie nocturne dans le monde d’après. 

Une fois la porte passée, chaque client voit sa température corporelle relevée par une équipe d’hôtesses, à l’aide d’un thermomètre frontal numérique. Un masque jetable est distribué, puis on suit les flèches au sol pour s’engager dans l’escalier, séparé en deux sens de circulation par des plaques de plexiglas.  

Étape 2 : à la table     

Une fois arrivé dans le club, au décor de coffre-fort souterrain, la première chose marquante est évidemment le port du masque, obligatoire pour se déplacer mais pas une fois assis à sa table. 

La Voûte a fait ce choix fort non seulement pour protéger ses clients mais aussi pour envoyer un message, qui rappelle que «ce n’est pas comme avant» et que des règles sont à respecter, explique Mme Fortin. 

Sur chaque table sont disposées de bouteilles de gel désinfectant.

«On ne veut pas un pic de contagion qui va nous faire tous refermer. On dirait que dans la tête des gens c’est l’après-COVID, mais c’est juste l’après-confinement.» 

Sur chaque table est disposée une bouteille de gel désinfectant. Des panneaux de plexiglas séparent les tables VIP, sur les côtés, du reste de la salle. 

Étape 3 : commander à boire     

Commander son Gin-Tonic via un code QR : bienvenue dans le futur. Pour éviter les contacts manuels, un menu virtuel a été créé pour passer commande. Une pastille avec un code-barre à scanner sur son téléphone est posée sur chaque table, ce qui donne accès au menu du club. Équipés de masques eux aussi, les serveurs apportent ensuite les boissons directement à la table. 

Il est possible de trinquer, mais il faut commander sa consommation en scannant un code QR sur son téléphone.

Une chose est sûre : vu la variété géographique des boissons proposés, la COVID n’a pas eu d’impact sur l’approvisionnement en alcools. 

Étape 4 : danser     

Pour cette étape-là, il faudra repasser : la danse est interdite dans les clubs et les bars, et des tables ont été installées sur la piste. 

«On peut se laisser aller l’épaule, par contre ça doit se faire à leur table avec leur groupe» prévient Annie-Audrey Fortin. 

Dans la salle, les masques sont obligatoires pour se déplacer, mais pas une fois assis à la table.

Pour contenir les tentatives de quelques clubbers intrépides, La Voûte a engagé plus de personnel de sécurité, et s’en remet au bon sens de ses clients. 

Dans ce contexte, observer les techniques de danse assise devient une distraction savoureuse. Danse de l’épaule sur son tabouret, quelques pas debout mais proche de sa table, chacun trouve sa technique pour flirter avec la règle et lâcher son fou. On sent quand même que le lâcher-prise optimal n’est pas encore tout à fait déconfiné. 

Étape 5 : aller à la salle de bain     

Pour cette étape, la première chose à faire est de penser à remettre son masque avant de se lever. Un circuit est prévu, «on rentre à droite, on sort à gauche». Au lavage des mains, un préposé vous verse du savon dans les mains, puis vous donne du papier, et en bonus, une gomme, avant de nettoyer après chaque client. 

Dans la salle des bains, un préposé donne du savon et du papier pour limiter les contacts.

Cette expérience marque une étape de plus dans la lutte contre la pandémie. L’ambiance donne un avant-goût du retour à la normale à la fois soulageant et déroutant. Mais elle laisse aussi penser que si la nouvelle vie nocturne ressemble à ça, vivement le retour de l’ancienne. 

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