Le succès à retardement du Spikeball, raconté par son inventeur | Tabloïd
/videos

Le succès à retardement du Spikeball, raconté par son inventeur

s " />

Le Spikeball, un jeu estival aussi appelé «roundnet», connaît un fort engouement dans les parcs du Québec depuis environ trois ans. Mais il aurait pu rester aux oubliettes, raconte son inventeur, l’Américain Jeff Knurek. 

«Ce qu’est devenu le Spikeball aujourd’hui, c’est ce que j’ai toujours espéré, et même un petit peu plus», résume le créateur de jeux, qui vit à Minneapolis. 

Au Québec, 315 équipes étaient inscrites au circuit provincial de roundnet lors de sa première année, en 2017. L’année passée, l’effectif avait plus que doublé, passant à 725. Cette année, les organisateurs visaient les 1000 équipes, avant que la COVID-19 en décide autrement. 

«On n’est qu’au début, ça va encore grandir», promet Marie-Ève Bergeron, co-fondatrice de Roundnet Québec. 

Preuve que le Québec est un haut-lieu de la discipline, le 1er championnat canadien devait avoir lieu à Montréal en septembre 2020. Il sera toutefois annulé, en raison de la pandémie. 

Des débuts difficiles       

Lorsqu’il a été lancé sur le marché à Chicago en 1989, le Spikeball n’a pas connu la popularité qu’il connaît aujourd’hui.  

À cette époque, Jeff Knurek, qui débutait sa carrière comme concepteurs de jeux, trouve cette idée après avoir réfléchi aux distractions de son enfance. L’une d’entre elles lui revient en tête : un filet de pratique de baseball, pour travailler son lancer. 

L’idée du Spikeball est née en 1989 dans le bureau de Jeff Knurek, à Chicago.

«J’en ai acheté un et j’ai commencé à faire des expériences» raconte celui qui est aujourd’hui l’auteur du Jumble puzzle, un jeu de lettres présent dans des dizaines de journaux aux États-Unis. 

L’Américain essaye différentes tailles de balles, des cubes, puis décide de poser le filet à l’horizontale sur un hula hoop. Il opte pour les règles du volleyball à deux contre deux. 

Une compagnie japonaise, Tomy Games, achète le jeu et le commercialise début 1990. Le lancement du jeu, cet été-là est un échec puisque la météo n’est pas au rendez-vous. 

«Il faisait 10°C, personne n’achetait de jeux extérieurs, se remémore-t-il. Ça n’a pas vraiment décollé.» 

L’histoire du jeu prend un tournant au milieu des années 2000, lorsque Chris Ruder, aujourd’hui PDG de la compagnie Spikeball Inc., contacte Jeff Knurek afin d’obtenir les droits du jeu. 

«Je travaillais déjà pour une entreprise et personnellement, je ne pensais pas que c’était juste de dire que j’avais les droits sur ce jeu», explique M. Knurek.  

Protection par brevet       

En 2008, le jeu, qui n’est pas protégé par un brevet, est lancé à grande échelle par Spikeball Inc. Cinq ans plus tard, la compagnie brevette finalement le jeu. L’entreprise Spikeball Inc. possède aujourd’hui un chiffre d’affaire annuel de 15 millions de dollars. De quoi laisser l’initiateur un peu amer. 

«Je n’ai pas gagné une cenne grâce au Spikeball, regrette l’inventeur. C’est un peu dur à avaler. C’est dur de savoir que c’est devenu énorme et que je n’en retire rien financièrement. Mais c’est Chris qui a fait de ce sport ce qu’il est devenu aujourd’hui.» 

Près des équipes québécoises       

Jeff Knurek est fier et reconnaissant face à l'engouement suscité par la discipline au Québec. Il tente d’ailleurs de s’impliquer à nouveau dans le milieu du Spikeball. Avec sa propre marque, Club Spike, l’Américain commandite des équipes, dont deux à Québec. 

Knurek continue aussi à toucher la balle de temps en temps : lors de notre entrevue, son programme du lendemain était tout prévu : «je vais aller au parc, en face de chez moi, trouver un groupe d’ados pour me joindre à eux et leur montrer ce que je vaux!» 

À lire aussi

Et encore plus