Le Shibari, un art érotique extrême | Tabloïd
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Le Shibari, un art érotique extrême

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Dans une ambiance feutrée, presque totalement silencieuse, on n'entend que le bruit d'une corde de riz qui valse sous le poids d'une jeune femme suspendue au plafond. Tabloïd a rencontré un couple qui pratique le Shibari, une discipline peu connue au Québec. À mi-chemin entre le «bondage» et un art érotique, cette pratique s'inspire d'une vieille technique japonaise pour attacher les prisonniers. 

« Après une séance, j'ai l'impression que je viens d'avoir une grosse dose d'adrénaline et de dopamine. Je suis sur mon nuage », confie Laurence, de son nom de scène Jane Tonic. La jeune femme de 31 ans a connu le Shibari en évoluant dans le milieu du « pole dancing » en Belgique. Cette discipline lui a fait découvrir un côté d'elle qu'elle ne connaissait pas. «Je suis masochiste et je ne savais absolument pas que j'aimais la douleur», affirme-t-elle.

Photo Jules Falardeau

C'est aussi à travers le Shibari qu'elle a connu son amoureux Martin, alias Tercia, qui s’est intéressé d'abord à la beauté de la chose. « J'ai vu des gens qui attachaient vraiment bien. J'ai compris par la suite qu'il y avait plus que de l'esthétique, qu'il y avait une vraie communion entre la personne qui attache et celle qui est attachée. »

Photo Jules Falardeau

La sécurité avant tout

Le duo s’adonne au Shibari depuis plus de trois ans. Martin est formateur et attacheur tandis que Laurence est modèle. Ils sont, tout au plus, quelques centaines d'adeptes au Québec, souligne Laurence. «C'est dur d'avancer un chiffre, puisqu'il y a ceux qui pratiquent au grand jour et ceux qui en font uniquement chez eux.»

Photo Jules Falardeau

Photo Jules Falardeau

Ceux qui mettent les pieds pour une première fois dans le studio du couple de Sherbrooke sont conscientisés dès le départ à l'importance du consentement et de la sécurité. Les débutants doivent d’abord remplir un questionnaire pour indiquer ce qu'ils recherchent, mais également pour déterminer un « safe word », un mot qui, lorsque prononcé, fera en sorte que la séance s'arrêtera en raison d’un inconfort, d’un malaise ou toute autre raison.

Photo Jules Falardeau

En quête d'adrénaline

La consommation d'alcool et de drogue est interdite par la communauté du Shibari parce que sa pratique peut s'apparenter à un sport extrême. Il faut déjà composer avec l'adrénaline et en plus, connaître ses propres limites, d'où l'importance d'un bon jugement.

Photo Courtoisie, BG photographie

L'hiver dernier, Martin et Laurence ont vécu un épisode qui aurait pu bien mal se terminer. Ils ont décidé de réaliser une performance en plein air pour le tournage d'une vidéo artistique. Laurence s'est fait suspendre à un arbre, très peu vêtue. Avec l'adrénaline du tournage, et de la pratique du Shibari en soi, elle n'a pas senti les effets du froid. Et a fait une petite crise d'hypothermie : « J'ai été trop loin dans mes limites physiques. »

Le Shibari ne fonctionne pas avec une certification officielle. Ses disciples se fient plutôt sur la réputation du formateur et attacheur, et sur une confiance mutuelle. Laurence et Martin continuent à peaufiner leur pratique de cet art érotique tout en espérant qu'il gagne en popularité partout dans le monde, et particulièrement au Québec.

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