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Voici comment il faut publier le carré noir

Des millions d’images noires ont inondé les réseaux sociaux depuis mardi pour supporter le mouvement.

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AFP

Depuis mardi, plusieurs militants de la communauté noire ont demandé que les internautes cessent d’associer le mot-clic #BlackLivesMatter aux carrés noirs qui ont déferlé sur les réseaux sociaux pour éviter de perdre des informations vitales sur les manifestations en cours. Doit-on alors retirer complètement sa publication ou la modifier? On a démêlé le tout, et force est d’admettre qu’utiliser une photo noire peut nuire au mouvement de luttes antiracistes. Voici donc de quelle manière vous devez la publier.  

1. Ne pas utiliser le #BlackLivesMatter  

Les communautés noires, qui luttent en ce moment à la suite de la mort de George Floyd, ont demandé mardi aux internautes qui publient une image noire de ne pas inscrire le mot-clic #BlackLivesMatter. Au fil de la journée, ils se sont rendu compte que le moteur de recherche associé à ce mot-clic était inondé de carrés noirs alors que normalement, les militants l’utilisent pour suivre les manifestations en cours ou les actions sur le terrain de la communauté noire. 

«#BlackLivesMatter est le porte-voix, dans l’espace public, des communautés et des personnes qui n’ont pas accès ni au pouvoir ni à de la visibilité médiatique», rappelle la stratège en communications numériques et médias sociaux Nellie Brière.

Même la plateforme Instagram a déconseillé aux utilisateurs d’employer le mot-clic #BlackLivesMatter dans un message publié sur Twitter. 

Il était donc préférable d’utiliser les expressions #BlackOutTuesday ou #TheShowMustBePaused, deux mots-clics apparus dans le cadre d’une initiative lancée par deux femmes noires Jamila Thomas et Brianna Agyemang, des cadres dans l’industrie musicale. «Initialement, le but [en publiant un carré noir] était d’arrêter de faire la promotion de produits, de chaînes ou de commerces et de poser un regard sur le mouvement Black Lives Matter ainsi que la situation aux États-Unis», explique l’une des membres de l’organisme Hoodstock, Stéphanie Germain.

2. Supprimer plutôt que retirer  

Plusieurs personnes ont donc retiré le mot-clic #BlackLivesMatter sachant que leur geste pouvait nuire aux personnes qui cherchaient de l’information. Par contre, en ôtant seulement le mot-clic, la photo diffusée demeure dans les fils de recherche. «Il faudrait enlever la photo et la remettre sans le mot-clic», confirme Nellie Brière.

En plus, l’utilisation d’un mot-clic dans ce cas-ci n’était même pas très utile, ajoute Mme Brière. «Personne ne veut suivre des tonnes d’images noires», indique-t-elle. Les internautes auraient seulement pu utiliser les différentes expressions désignant l’initiative sans les associer à un hashtag.

Voir cette publication sur Instagram

#blackouttuesday

Une publication partagée par Céline Dion (@celinedion) le

3. Une tendance éphémère   

La publication d’images noires s’est toutefois essoufflée après quelques heures. Dans le moteur de recherche des publications diffusées récemment, quelques images de ce genre apparaissent encore ici et là. Mais dans le fil des publications les plus populaires, il y en a de moins en moins. 

Les différentes plateformes de réseaux sociaux pourraient néanmoins décider de donner moins de visibilité aux images noires pour faire remonter dans les algorithmes de popularité les publications avec du contenu si ces images continuent de nuire à la diffusion d’informations et qu’aucune solution organique ne s’impose d’elle-même, pense Mme Brière.

AFP

4. Un mouvement utile  

L’initiative Black Out Tuesday a, malgré tout, porté ses fruits, croit Stéphanie Germain. «Ça a créé une espèce de vague et depuis mardi, on a vu des gens supporter les commerces et les initiatives de personnes noires», indique-t-elle. Beaucoup d’individus l’ont d’ailleurs contactée personnellement pour savoir quelles organisations ils pouvaient encourager en tant qu’alliés à la cause. Trois militants, Marie-Livia Beaugé, Sarah Myriam Louis et Ricardo Lamour ont d'ailleurs créé entre-temps une liste regroupant des organismes qui supportent la communauté noire de Montréal.