Les sourds et malentendants réclament des masques transparents | Tabloïd
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Les sourds et malentendants réclament des masques transparents

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Une Gatinoise veut rassurer les sourds et malentendants, qui s'inquiètent de ne pouvoir lire sur les lèvres des personnes qui portent des masques. Elle veut commercialiser des masques artisanaux à fenêtre transparente.   

«Nous, les personnes sourdes et malentendantes, nous utilisons la lecture labiale pour mieux comprendre. 55 % de la communication est visuelle», explique Isabelle Coulombe.     

Les gabarits de ses masques sont terminés et elle attend maintenant des matériaux débuter la confection. «Le moment venu, j’aimerais déposer mon brevet pour les commercialiser en commençant par le Canada».        

Selon nos recherches, aucun modèle de masque adapté aux personnes sourdes n'est actuellement offert au Canada.     

Isabelle Coulombe : «J'aimerais, en même temps, montrer que c’est pas la surdité qui va m’empêcher d’avoir des projets pour avancer dans la vie.»

Audition Québec a été approchée par plusieurs couturières prêtes à fabriquer ce genre de masque. L'organisme a donc fait des représentations auprès du ministère de la Santé et de la Santé publique pour les aider à établir une liste officielle de critères pour leur fabrication. «Le bureau du Dr Arruda, théoriquement, travaille sur les directives à respecter pour que ce soit sécuritaire» explique la présidente d'Audition Québec, Jeanne Choquette.      

Contacté par Tabloïd, le Ministère précise qu'un tutoriel montrant comment fabriquer un masque avec fenêtre transparente va être disponible sur le site Québec.ca.       

Des parents inquiets       

Le déconfinement inquiète de nombreux parents sourds et malentendants, selon la présidente d’Audition Québec. «On a reçu des courriels de parents qui sont inquiets parce que leur enfant lit sur les lèvres du professeur. Si le professeur décide de porter un masque opaque, c’est un problème», affirme-t-elle.        

Dans un contexte de pandémie, la lecture labiale est un stress supplémentaire pour les personnes sourdes, affirme Kim Auclair, membre du conseil d'administration de l'Association des implantés cochléaires du Québec. «Le cerveau doit travailler la compréhension de la parole. C’est comme un blocage automatique», explique la porteuse d'un implant cochléaire.          

«Dans des situations d’urgence, de stress ou de service à la clientèle, ça devient une situation qui est très problématique parce que la population n'est pas sensibilisée, poursuit-elle. C’est un handicap invisible.»           

Les personnes qui travaillent aux services à la clientèle sont d'ailleurs invitées par le ministère de la Santé et des Services sociaux à opter pour un modèle avec une fenêtre transparente.

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