Motard dans sa jeunesse, il devient aventurier | Tabloïd
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Motard dans sa jeunesse, il devient aventurier

Motard dans sa jeunesse, Benoit Tremblay est ensuite devenu un aventurier extrême. Il est aujourd’hui spécialisé dans les expéditions en ski à cerf-volant, une technologie qu’il fabrique dans son entreprise au Saguenay.  

«Entre un bandit et un aventurier, il y a une ligne de différence, c’est tout. Avant, j’étais d’un bord de la ligne et là, j’ai traversé de l’autre côté», plaisante Benoit Tremblay, dans son atelier de fabrication de cerfs-volants sportifs à Saint-Fulgence, au Saguenay-Lac-Saint-Jean.   

Le goût du risque a été le fil rouge de la vie du fondateur et propriétaire de Concept Air, une fabrique de kites sportifs pour ski et surf. Jusqu’à ses 25 ans, Benoit Tremblay a embrassé un mode de vie de motard. «Je pesais plus de 220 lbs, j’avais les cheveux aux fesses et je vivais de nuit, avec ce que ça comporte : “sex, drug and rock n’roll”»   

  

«Quand les Hells sont arrivés au Québec, ils nous ont demandé d’aller avec eux. Quelques-uns y sont allés. Je pense qu’ils sont tous encore en prison.»

L’arrivée des Hells Angels au Québec dans les années 1980 marque un tournant dans sa vie, raconte celui qui aurait pu se faire recruter par l’organisation de motards. «Intense comme je suis, c’est un chemin que j’aurais pu prendre.»   

Le Saguenéen a eu un moment de lucidité et dit avoir été très déçu du choix de ses amis de joindre l’organisation criminelle. Du jour au lendemain, il se coupe les cheveux et prend un virage serré : «j’ai vendu ma Harley et j’ai acheté un voilier.»   

Traversée de l’Atlantique à la voile   

En 1988, il traverse l’Atlantique en bateau, après avoir appris la navigation avec un ami dans le fjord de Saguenay. Sa passion pour le vent le mènera de nouveau vers la France, à Annecy, dans les Alpes. Il y apprend le parapente et travaille dans un atelier de confection de voiles, où il fait ses armes dans les années 1990.   

  

Après être devenu moniteur de parapente, Benoit Tremblay a lancé son entreprise de voiles au Saguenay dans les années 1990.

C’est cette technologie qu’il a importée au Québec en lançant son entreprise, Concept Air. Avec son employée, il fabrique des voiles utilisées en kitesurf et en ski, de la conception sur ordinateur à la finition, en passant par la découpe des ailes. Son atelier, qui jouxte son domicile, est juché sur une butte qui domine le fjord : cela lui permet de sauter pour tester le matériel grandeur nature, avant d’exporter les commandes un peu partout dans le monde.   

Expéditions au lac Baïkal et au Nunavik   

Pour tester ses limites, Benoit Tremblay se lance dans des expéditions en ski. En 2016, il y eut le tour du réservoir Manic 5 : 350 km en 12 heures, avec son ami Frédéric Dion, un autre aventurier québécois dont nous vous parlions récemment.   

En 2018, l’explorateur se rendait au cratère des Pingualuit, à l’extrémité nord du Québec. Il raconte avoir rêvé d’aller voir «l’oeil du Nunavik» , après avoir remarqué sa forme singulière sur une carte. «Encore mieux que dans mes rêves!» criait-il dans une de ses vidéos en immersion.   

  

«L’aventure, c’est un peu comme l’amour. Ça donne de l’énergie, tu vibres de partout.»

L’année dernière, il traversait le lac Baïkal glacé, toujours en ski, accompagné de sa pulka (traineau sportif) pour tracter sa tente et son matériel.   

Intrépide mais pas inconscient, Benoit Tremblay affiche tout de même quelques frayeurs au compteur : une commotion cérébrale suite à une chute sur le lac Baïkal ou un bris de glace qui aurait pu l’emporter, lui et sa pulka. Avoir été champion du monde de voile sur glace n’empêche pas quelques incidents bénins.   

Confinement sur le lac Saint-Jean   

Le lendemain de notre tournage, le Saguenéen prenait la route de la Côte-Nord, pour aller skier la Route Blanche vers Blanc-Sablon. Sa mission a finalement été avortée en raison des conditions météo défavorables.   

Lorsque nous avons pris de ses nouvelles à son retour, Benoit Tremblay nous a confié qu’il passait un début de confinement original : 3 jours de ski et de camping sur le lac Saint-Jean gelé avec ses enfants. Son «obsession magnifique» pourrait décidément se transmettre à la prochaine génération. 

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