[Témoignages] Déconfinement au compte-gouttes en Europe | Tabloïd
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[Témoignages] Déconfinement au compte-gouttes en Europe

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Commerces au calme, rues encore peu arpentées, masques obligatoires lors de déplacements: l’allégement des mesures de confinement amorcé cette semaine dans certains pays d’Europe est loin d’être un retour à la normale, selon des francophones qui y résident.   

Relativement épargnés par la pandémie grâce à des politiques de dépistages massifs ou des mesures de confinement accélérés au début mars, des pays tels que le Danemark, l’Allemagne ou le Luxembourg adoptent ces jours-ci des règles d’assouplissement graduelles et exhortent leurs citoyens à une grande prudence.      

Une personne à la fois au salon      

«Déjà quand ils ont annoncé qu’on allait rouvrir, j’ai eu beaucoup d’appels et beaucoup de [messages] textes. Les gens voulaient se faire couper les cheveux», indique Christian Deslauriers, coiffeur à Copenhague, au Danemark où un assouplissement des mesures de confinement a été entamé.      

  

Christian Deslauriers, coiffeur à Copenhague : «J'ai recommencé à travailler ce matin. Je suis occupé!»

Courtoisie Christian Deslauriers

Christian Deslauriers, coiffeur à Copenhague : «J'ai recommencé à travailler ce matin. Je suis occupé!»

  

  

Même si, selon M. Deslauriers, les rues ne sont pas aussi pleines qu’à l’habitude, il aperçoit de nombreux passants heureux de se retrouver. «Surtout si on parle de commerces locaux dans les quartiers, les gens sont contents d’aller chercher un café, par exemple», dit-il.      

Mais jusqu’à nouvel ordre, le coiffeur ne pourra recevoir qu’un seul client à la fois dans son salon.      

Bars et restos toujours fermés      

Depuis lundi, des millions de commerçants allemands ont pu ouvrir leurs portes. Moins touchée par la pandémie grâce à sa politique de dépistages massifs, l’Allemagne impose des règles moins sévères depuis le début de la crise. «Ce n’est pas aussi strict qu’au Québec», estime Cindy Ellis, contrôleuse financière dans la ville de Düsseldorf.      

  

  

À Düsseldorf, Cindy Ellis remarque que «l'engouement pour le shopping n'est pas là.»

Courtoisie Cindy Ellis

À Düsseldorf, Cindy Ellis remarque que «l'engouement pour le shopping n'est pas là.»

  

«À Pâques, le weekend dernier, il y a au moins 50% des gens que je connais [là-bas] qui sont allés dans leur famille [...] ce que je n’aurais pas pu concevoir au Québec quand je parle aux gens», dit-elle.      

La Québécoise s’est cependant étonnée de voir des boutiques aussi peu achalandées malgré leur réouverture. «Je n’ai vu aucune file d’attente devant les boutiques alors qu’ils limitent assez le nombre de personnes qui peuvent entrer», raconte-t-elle.      

Dans son pays d’adoption, bars, restaurants et cafés demeurent fermés jusqu’à nouvel ordre. Les rassemblements et fêtes sont aussi annulés jusqu’à la fin de l’été. Même le célèbre Oktoberfest n’aura pas lieu cette année. «C’est vraiment assez particulier d’annuler une fête de cette envergure-là», ajoute Mme Ellis.      

Pas de pique-nique, pas de BBQ      

Aussi en Allemagne, dans la ville de Leipzig, Elisabeth Roy ne voit que très peu de différence depuis la reprise graduelle des activités, puisqu’à son avis, le confinement n’était pas rigide de toute façon. «Il n’y a pas de pique-nique, il n’y a pas de BBQ. Ce n’est pas festif, mais il y a quand même un peu de vie», observe-t-elle.      

Elisabeth Roy, qui travaille dans un supermarché, note une différence de mentalité dans le comportement des Allemands.

Courtoisie Elisabeth Roy

Elisabeth Roy, qui travaille dans un supermarché, note une différence de mentalité dans le comportement des Allemands.

  

Depuis lundi, le port du masque est obligatoire dans de nombreux lieux publics dont l’épicerie, souligne Elisabeth Roy comme principal changement. Travaillant elle-même à temps partiel dans un supermarché, elle constate que les Allemands sont très respectueux des règles mises en place et demeurent très prudents face au déconfinement. «Il n’y a pas de soulagement, je pense, plus qu’il y a de l’inquiétude».      

Si tout va pour le mieux, ses études universitaires en arts et en pédagogie devraient recommencer le 4 mai. Elle doute toutefois que cela puisse être possible.      

Des masques obligatoires pour tous      

Au Luxembourg, les chantiers de construction ont repris lundi et quelques commerces, notamment liés au jardinage, ont rouvert. Par contre, les habitants du pays ne peuvent plus sortir de la maison sans masque. «Ils nous ont envoyé, par poste, cinq masques pour chaque résident. Ça, j’ai trouvé ça vraiment intelligent», affirme Sara Marpino, arrivée au pays quelques semaines avant le début du confinement pour un stage à la Cour de justice de l’Union européenne.      

  

Sara Marpino raconte que chaque résident du Luxembourg s'est vu livrer 5 masques à domicile par le gouvernement.

 

  

Celle qui habite la capitale du Luxembourg, croit que son pays d’accueil a fait preuve d’une grande rapidité au début de la crise, ayant pour effet d’alléger la charge des hôpitaux.      

Elle ne s’attendait toutefois pas à ce que les Luxembourgeois soient aussi peu disciplinés quant à l’application des règles. «Le monde ne faisait pas trop attention [...] Il y avait des familles qui marchaient dans la rue. Je ne m’attendais pas trop à ça du Luxembourg», raconte-t-elle.

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