[VIDÉO] Voici comment je suis devenu déneigeur sans aucune formation | Tabloïd
/videos

[VIDÉO] Voici comment je suis devenu déneigeur sans aucune formation

Notre infiltration chez les déneigeurs en 2019 montrait un gros manque de formation. Un an après, on a refait le test.

Se retrouver au volant d’une chenillette de déneigement à Montréal sans aucune expérience, c’est toujours possible en 2020.  

Il y a un an, Tabloïd publiait une enquête montrant qu’il était possible de se faire engager en quelques heures, sans qualification ni formation. La Ville de Montréal et le ministère des Transports du Québec s’étaient alors dits préoccupés par la situation. En collaboration avec la rubrique « Dans le traffic », on a voulu vérifier si les pratiques de l’industrie avaient changé. Selon notre infiltration, le chemin vers un encadrement sécuritaire reste encore long.       

À lire aussi : Le déroulement de l'enquête en quelques points 

Le nombre d'accidents impliquant un véhicule de déneigement ne cesse pourtant d’augmenter : de 670 lors de l’hiver 2016/2017, il est passé à 885 l’hiver dernier, selon les chiffres de la Société de l'assurance automobile du Québec. Ces chiffres regroupent les accidents ayant causé des dommages matériels, corporels et mortels (en moyenne 3 décès par an depuis 2016).       

Malgré tout, j’ai pu me faire engager dans une compagnie privée en moins de 48 heures, sans cacher n’avoir aucune expérience en déneigement. À mon embauche, personne n'a vérifié mon permis de conduire, ni mon permis de travail. Mon accent français aurait pourtant pu inciter l’employeur à vérifier mon statut.       

En guise de formation, je fais un aller-retour de 300 mètres dans la rue, avant de partir déneiger les trottoirs d’un secteur central de Montréal. Un secteur fréquenté par des piétons, aux rues particulièrement étroites, où ma chenillette frôlait les voitures stationnées.       

En quelques heures de travail, j’ai pu faire quelques constats. Le manque de main-d’oeuvre touche le secteur et pousse les entreprises à engager des employés sans formation. En cas d’épisode de neige intense, les délais imposés aux employés semblent difficiles. Un employé de la compagnie me confie avoir travaillé « 3 semaines d’affilée » l’année passée. La plupart des déneigeurs de trottoirs ne sont soumis à aucune loi qui régit la durée de travail.       

En réaction à cette infiltration, l’élu montréalais responsable du déneigement, Jean-François Parenteau, s’est dit préoccupé. Il affirme que les clauses des contrats entre la Ville et les entrepreneurs stipulent «très clairement» que la main-d’oeuvre doit être qualifiée.       

À lire aussi

Et encore plus