Australie : les incendies serviront-ils d’éveil écologique? | Tabloïd
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Australie : les incendies serviront-ils d’éveil écologique?

Face à l’ampleur des feux, certains Australiens semblent prendre conscience du réchauffement climatique, selon une Québécoise qui y vit depuis plus d’un an.

«On sent de plus en plus que les gens se posent des questions qu’ils ne se seraient peut-être pas posées, par rapport à nos leaders ou à leur façon de consommer», observe Sarah-Jeanne Lapointe, qui vit dans la région de Nouvelle-Galles du Sud, la plus touchée du pays. 

«À cause de l’étendue des feux, les gens remarquent que ce ne sont pas les mêmes feux qu’auparavant, affirme-t-elle. Avant, les gens n’en parlaient pas. Aujourd’hui, les gens cherchent des réponses et de plus en plus, les gens évoquent les changements climatiques.» 

La conscience écologique reste tout de même divisée, selon la rédactrice québécoise installée dans la ville de Newcastle. «Il y a des gens qui pensent encore que ce n’est pas nécessairement lié aux changements climatiques», raconte la Québécoise, qui note que les habitants des côtes sont généralement plus conscientisés à l’environnement. 

Originaire de Saint-Jean-Chrysostome, près de Québec, Sarah-Jeanne Lapointe a vécu le pire des incendies en novembre, alors que son quartier était en état d’alerte. «L’air était irrespirable à l’extérieur. Il faisait noir vers 14 h, alors que le soleil est censé se coucher vers 20 h», se souvient-elle. 

La jeune femme se désole que les feux ont même contaminé l’océan, où elle surfe régulièrement. «On plonge sous une vague, on sort de l’eau et on est couvert de cendres. On en avale. C’est vraiment troublant», affirme-t-elle. 

Huit millions d’hectares ont brûlé depuis le début de la saison des incendies, soit une superficie comparable à l’Autriche. Jusqu’à maintenant, 27 personnes ont péri dans les feux et un milliard d’animaux ont disparu. 

Bien que 24 personnes aient été arrêtées pour avoir déclenché des incendies, la lourdeur du bilan s’explique notamment par les changements climatiques, selon de nombreux scientifiques. L’Australie a battu un record de chaleur : le thermomètre a atteint 41,9°C le 18 décembre. La végétation asséchée et les vents violents sont les autres ingrédients qui ont favorisé la propagation des flammes. 

Grâce à l’élan de soutien mondial, plus de 45 millions $ ont été amassés sur la campagne en ligne lancée par l’humoriste australienne Celeste Barber. Une somme énorme qui arrive tardivement, regrette l’expatriée, alors que les flammes font rage depuis novembre. 

«Si on avait pu mobiliser ces fonds-là au début de cette catastrophe, est-ce qu’on aurait pu sauver des animaux? Est-ce qu’on aurait pu sauver des maisons? Est-ce qu’on aurait pu sauver des vies? Probablement», affirme Sarah-Jeanne Lapointe.

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