Flore Laurentienne : la musique de peu de mots | Tabloïd
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Flore Laurentienne : la musique de peu de mots

Vu par l’auteur-compositeur-interprète Patrice Michaud

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Le projet musical de Mathieu David Gagnon, Flore Laurentienne, est un hommage au paysage québécois qui n’a pas besoin des mots pour s’ériger en scène panoramique.  

En octobre 2019, l’artiste instrumental a fait paraître un premier album solo, Volume 1, après avoir été d’abord aperçu comme collaborateur auprès d’autres artistes comme Les Hôtesses d’Hilaire et sa sœur Klô Pelgag.    

Natif de Cap-Chat en Gaspésie, c’est en tant qu’enseignant au secondaire en musique que Patrice Michaud a fait la connaissance des jeunes Gagnon. «J’ai connu Klô, d’abord, qui était dans ma classe et ça m’a amené à croiser sporadiquement son frère Mathieu à la Polyvalente de Sainte-Anne-des-Monts», se souvient Patrice.     

MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTREAL / AGENCE QMI

 

Admirant entre autres les études en musique classique complétées par Mathieu en France, Patrice le «suit de loin» et lors de sa première écoute du projet Flore Laurentienne, il ignore que Mathieu se cache derrière les pièces qu’il aime dès la première écoute. «Ça m’a interpelé parce que j’ai un lien assez fort avec le concept, explique Patrice. L’ouvrage du frère Marie-Victorin qui porte le nom Flore laurentienne recense les espèces botaniques du Québec. Je savais que Réjean Ducharme y vouait quasiment un culte.»     

Effleurant lui-même le thème sur son deuxième album, Patrice Michaud s’est laissé carrément submerger par l’album, entre autres par Fleuve no 1 qui a su rejoindre chez lui des «ondes émotives toutes réceptives».    

Après un long passage à vide, la musique instrumentale est revenue par la grande porte dans la scène musicale contemporaine québécoise. «On n’a écouté qu’André Gagnon pendant une couple de décennies, mais la nouvelle vague instrumentale réussit aujourd’hui à atteindre le public de la musique populaire», relate l’auteur-compositeur. Alexandra Stréliski et Jean-Michel Blais ont installé les bases d’une réappropriation du style qui se permet de tanguer vers toutes les cases de la musique actuelle sans jamais se sentir limitée par une quelconque convention.    

Pour Patrice Michaud, le travail de Mathieu avec la musique électronique et les keybords, «c’est un mariage heureux». «Je trouve ça audacieux d’utiliser la musique pour parler du territoire alors que, sauf quand on parle d’environnement, le paysage et l’amour de la nature, ça reste un thème peu sexy. J’ai très hâte de voir comment il s’installera davantage dans nos vies en 2020.»  

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