Dr Simon Grandjean Lapierre: la médecine exceptionnelle | Tabloïd
/videos

Dr Simon Grandjean Lapierre: la médecine exceptionnelle

Vu par Peter Small, directeur du programme de lutte contre la tuberculose à la Fondation Bill & Melinda Gates et expert mondial en épidémiologie

s

La technologie se met au service de la santé dans une équipe de soins qui s’attaque à la tuberculose en régions enclavées.   

À l’aide de drones, le système déployé à Madagascar par Dr Simon Grandjean Lapierre, du Centre de recherche du CHUM, permet d’établir un diagnostic et de faire parvenir de la médication à des patients qui se trouvent à plusieurs heures de marche d’un centre médical.  

Peter Small

Courtoisie

Peter Small

  

«Je cherchais un peu une licorne au moment où j’ai trouvé Simon, lance d’emblée Peter Small, directeur du programme de lutte contre la tuberculose à la Fondation Bill & Melinda Gates. Plusieurs emplois prestigieux l’attendaient dans le pays de son choix. Il a décidé de prendre le risque de venir travailler avec des gens qu’il n’avait jamais vus pour faire un travail qui n’avait jamais été fait avant.»   

La «licorne» dont M. Small rêvait, c’était quelqu’un qui était un scientifique et un clinicien avec une formation étoffée, une personne qui avait ce qu’il fallait pour travailler dans un environnement compliqué et qui était prêt à déménager dans la forêt tropicale de Madagascar. «Simon était l’ingrédient secret du boulot qui a été fait là-bas», confirme Peter Small.  

Courtoisie CRCHUM

Être médecin implique un don de soi dans une variété de domaines qui ont plus ou moins rapport avec la médecine. On sait qu’il faut de l’empathie, un sens aiguisé de la communication, une compréhension de l’humain au sens large.   

«Dans ce cas-ci, il fallait aussi que Simon, en plus d’être un médecin hors pair, puisse travailler avec les communautés Malgaches et qu’il ait une aptitude pour présenter des résultats scientifiques de terrain dans des conférences internationales, se rappelle son mentor. C’était loin de n’être qu’un travail de médecine.»  

C’est une chose de pouvoir faire une recherche en laboratoire, mais le faire sur une île dans une forêt tropicale, c’est différent et selon Peter Small, ça va prendre des années avant que ça devienne un traitement routinier, «mais ce sont les gens comme Simon qui poussent la machine pour que ça avance.»    

Il devra d’ailleurs utiliser tous ses atouts pour continuer à être convaincant, car il n’y a pas de recherche sans argent. «Le financement de la science est très conservateur, alors que nous, avec nos moyens technologiques, on est très avant-gardistes. Ce n’est rien pour nous aider», déplore Peter Small.  

«J’espère que Simon aura droit à un support institutionnel suffisant pour qu’il ait un sentiment de sécurité pour lui permettre de continuer à prendre ces risques qui l’ont amené si loin si rapidement», conclut Peter Small. Quand on trouve une licorne, il faut lui donner ce dont elle a besoin pour continuer à être exceptionnelle.  

À lire aussi

Et encore plus