Couper des sapins pour Noël ne contribue pas à la déforestation | Tabloïd
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Couper des sapins pour Noël ne contribue pas à la déforestation

Plusieurs experts interrogés par Tabloïd démentent cette idée répandue

Pour la troisième année de suite, la vente de sapins est en hausse au Québec. Les producteurs d’arbres de Noël de la province devraient vendre près de trois millions d’arbres. Est-ce que c’est synonyme de déforestation? «Ce n’est pas aussi simple», répondent des experts en foresterie.  

«Les gens pensent que dès qu’on coupe un arbre, il y a déforestation, explique le directeur adjoint de l’École de foresterie de l’Université de Moncton, Manuel Lamontagne. Pour qu’il y ait déforestation, il faut qu’on change l’habitat. On doit couper les arbres et les convertir soit avec des routes, des bâtiments, ou un champ agricole.»      

Or, les producteurs cultivent leurs arbres sur des parcelles dédiées à la culture de sapins où les arbres sont régulièrement replantés. Au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), l’agronome spécialiste des arbres de Noël Dominique Choquette confirme que «des arbres sont plantés chaque année pour compenser ceux qui sont récoltés».     

Retour au sapin naturel  

Selon le président de l’Association des producteurs d’arbres de Noël du Québec, Jimmy Downey, «le monde revient à l’arbre naturel. Il produit de l’oxygène et absorbe du carbone. D’un autre côté, on a un arbre artificiel issu de produits du pétrole et fabriqué en Chine».      

L’arbre naturel serait d’ailleurs moins polluant que le faux sapin, selon une étude du cabinet Ellio de 2009. À moins de garder celui-ci 20 ans pour amortir la différence en termes d’empreinte carbone.     

Chaque année, les producteurs vendent près de 2 400 000 sapins, selon le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec. Avec la hausse de 10% à 20% prédite par les producteurs cette année, le bilan approche les trois millions d’arbres.      

Le glyphosate avec modération  

Qu’en est-il de l’utilisation du glyphosate, herbicide considéré comme dangereux par les environnementalistes ? Interdit sur les parcelles publiques, il est autorisé pour les exploitants privés.      

«Le glyphosate fait partie des produits que les producteurs peuvent utiliser, explique Dominique Choquette, agronome au ministère. Quand il est nécessaire, s’il est utilisé, ils vont le faire à la base des arbres, en jets dirigés, là où c’est nécessaire, sous les branches, donc jamais pulvériser sur les arbres.»      

De quoi y être exposé dans son salon ? Pas nécessairement, selon le professeur à l’École de foresterie de l’Université de Moncton Manuel Lamontagne. «Ce n’est pas utilisé à très grande échelle. Il y a peu de risques pour les propriétaires de maison qui vont acheter un arbre en plantation de se retrouver avec un arbre plein de résidus.»

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