Des dealers de pot critiquent la hausse de l’âge légal pour acheter du cannabis | Tabloïd
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Des dealers de pot critiquent la hausse de l’âge légal pour acheter du cannabis

La nouvelle loi québécoise va être nocive pour les jeunes, selon des revendeurs illégaux

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Produit de qualité inférieure, recrutement, accès à des drogues plus dures: des revendeurs de pot critiquent la hausse de l'âge légal à 21 ans pour acheter et consommer du cannabis. Interrogés par Tabloïd, trois dealers affirment que le resserrement de la loi sur le pot au Québec est «dangereux» pour de jeunes consommateurs.  

La nouvelle loi du gouvernement Legault, qui entrera en vigueur le 1er janvier prochain, va d'abord compromettre la qualité du cannabis vendu illégalement, estime Marc*, un revendeur illégal qui était basé dans le Bas-Saint-Laurent jusqu’à tout récemment.                                

«Sur le marché noir, c’est vraiment plus difficile pour le consommateur de savoir ce qu’il fume. Moi j’achète à quelqu’un qui achète à un cultivateur, poursuit-il. Ça peut être du pot de bonne qualité, mais on ne sait jamais exactement ce que c’est.»                

«On se fait nous aussi donner de la fausse information pour faciliter les ventes. Il n'y a aucun contrôle. On ne sait pas ce qu’on vend.»  

Marc*, qui a récemment cessé de revendre, va même plus loin en affirmant que la nouvelle loi va permettre au crime organisé de recruter.                

«À un moment, tu n’as plus assez d’argent pour payer ta consommation, donc tu te mets à vendre pour pouvoir payer ta consommation. Pratiquement tous les dealers ont commencé comme ça ou se servent de cette tactique pour recruter, affirme-t-il. De 18 à 20 ans, t’es pas toujours à l’aise financièrement, t’as des réseaux d’amis qui sont faciles à exploiter.»                

Autres drogues  

Gabriel*, un revendeur qui vend à Québec et à Montréal depuis 8 ans croit de son côté que la nouvelle loi va rapprocher les jeunes consommateurs du crime organisé et à d’autres drogues.                

«Ça va être des clients fidèles pour au moins trois ans. C’est bénéfique pour des dealers, qui ont accès à d’autres drogues qu’ils peuvent leur vendre, explique l’homme âgé dans la vingtaine. Ça leur donne accès à des drogues plus fortes qu’ils ne consommeraient sûrement pas autrement.»                

L’appât des cégeps  

Le revendeur, qui souhaite garder l’anonymat, est persuadé que les cégeps du Québec vont redevenir le terrain de jeu des revendeurs de cannabis.                

«Quand je vendais à Québec, je faisais le tour des cégeps et ça allait très bien, souligne Gabriel. J’imagine que des vendeurs vont sauter sur l’occasion et vont se faire la palette facilement.»                

Sans l’appui de Trudeau  

Le premier ministre Justin Trudeau avait émis des réticences face à cette hausse de l’âge pour acheter et consommer au Québec, lorsque la CAQ avait fait part de ses intentions en octobre 2018. «Ça vient un petit peu enfreindre notre capacité (sic) de justement contrer le crime organisé», avait-il déclaré.                

M. Trudeau a toutefois reconnu que la décision revenait au gouvernement provincial.                

De son côté, le gouvernement Legault doit réévaluer en 2021 l’efficacité de son projet de loi 2, qui resserre l’encadrement du cannabis.                

* = noms fictifs

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