La tension monte entre militants véganes et éleveurs de porcs | Tabloïd
/videos

La tension monte entre militants véganes et éleveurs de porcs

Après l’intrusion d'activistes dans une porcherie, les éleveurs de porcs demandent des sanctions plus lourdes pour ce genre d’action. On a parlé aux deux groupes.

s

En s’introduisant illégalement dans une porcherie en Montérégie le week-end dernier, des militants antispécistes ont piqué au vif les producteurs porcins du Québec. Les éleveurs réclament maintenant des sanctions plus sévères pour ce type d’opération.  

Par voie officielle mercredi, les éleveurs de porcs ont demandé aux ministres de l’Agriculture, de la Justice et de la Sécurité publique de mettre sur pied un projet de loi qui augmentera les amendes pour des militants qui entreront illégalement dans une ferme.    

«Ici au Québec, on a bien l’intention de suivre le mouvement du reste du Canada», affirme le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval.    

«On va demander au gouvernement de légiférer là-dessus pour éviter que ces actes-là soient faits banalement et créent une énorme détresse chez les producteurs», ajoute-t-il.    

Charte demandée  

L'association Direct Action Everywhere (DxE), qui a mené le coup d’éclat samedi à Saint-Hyacinthe, s’est elle aussi adressée au gouvernement Legault avec deux souhaits concrets : abolir ce genre d’élevage et créer une charte des droits des animaux.   

«J’espère qu’on va pas avoir à faire d’autres événements comme ça. Ni pour nous, ni pour les fermiers, ni pour les animaux», assure Cassey Phaneuf, une porte-parole des militants.   

Les conditions sanitaires documentées lors de l’opération dans une ferme de Saint-Hyacinthe sont déplorables, explique l’activiste. Sur des images captées par les militants, l’enfermement, la présence d’excréments et de cadavres font partie du quotidien des bêtes.    

«Ces animaux-là ne voient pas le soleil, ne prennent pas d’air frais, ils vivent sur du ciment. C’est très humide», décrit Mme Phaneuf.   

De leur côté, les producteurs de porcs du Québec se défendent en rappelant la mise en place d’un Code de pratiques pour le soin et la manipulation des porcs, en 2014.   

«Le bien-être animal est au centre de nos préoccupations, affirme David Duval. C’est pour ça qu’on a donné une date limite pour que nos producteurs fassent la conversion. C’est le 1er juillet 2024 et ça suit son cours. Présentement, on a près de 30% des producteurs qui ont fait la conversion.»   

Les éleveurs craignent aussi que ces actions militantes fassent souffrir leurs bêtes, comme ce fut le cas le week-end dernier, explique le président de l’association, David Duval.   

Inédit au Québec  

«Ces animaux-là, d’habitude, ils déjeunent à 7h. Quand on connaît l’élevage porcin, on sait que c’est un animal qui peut être stressé très facilement. Le fait d’avoir retardé leur alimentation jusqu’à 11h le matin, le moment où ils sont partis, ça a créé un stress chez les animaux et ils en subissent encore les conséquences», soutient-il.   

La militante Cassey Phaneuf répond que «ces animaux boivent, mangent et dorment dans leurs excréments. Comment peut-on se faire dire que c’est dangereux pour leur santé quand les lieux sont insalubres toute leur vie?»   

Ce type d’actions-chocs est déjà répandu en Colombie-Britannique ou en France. Au Québec, il pourrait marquer un tournant pour l’action non violente. «Je peux dire que c’est un moment assez historique», affirme-t-elle.

À lire aussi

Et encore plus