Les lois entourant la prostitution sont hypocrites au Canada, selon une ex-prostituée berlinoise | Tabloïd
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Les lois entourant la prostitution sont hypocrites au Canada, selon une ex-prostituée berlinoise

L’écrivaine Emma Becker s’est prostituée pendant plus de deux ans en Allemagne.

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«Si vous empêchez les travailleuses du sexe de faire leur publicité, c’est exactement la même chose que de criminaliser ou de pénaliser la prostitution», estime l’écrivaine Emma Becker, qui a travaillé dans un bordel de Berlin. 

L’auteure, qui décrit son expérience dans son roman La maison, est de passage au Québec ces jours-ci. Selon elle, les lois canadiennes, qui pénalisent les clients plutôt que les prostitués, représentent «un régime un peu hypocrite». 

Elle considère que la loi actuelle crée un stigmate autour des travailleuses du sexe et de leur milieu. «Généralement c’est pas les clients qui sont violents avec les prostituées, c’est le stigmate, c’est la façon qu’on a de vivre quand on a fait ce choix-là de métier», précise-t-elle. 

En Allemagne, où elle vit, la prostitution a été légalisée et encadrée en 2002 afin de mieux protéger les travailleuses du sexe. Ce choix était avant tout un choix revendiqué par les prostituées allemandes, rappelle-t-elle.

«On a la possibilité de travailler sans craindre, en plus de la violence des clients, la violence de la police ou la violence de l’administration en général», affirme l’écrivaine de 31 ans.

À travers son expérience dans un bordel, l’auteure confesse avoir appris beaucoup sur elle et sur les hommes. Elle ne garde pas une impression négative de son expérience. Elle faisait un salaire de 88 euros/heure et rencontrait quatre à cinq clients par jour. 

Controverse 

Le passage d’Emma Becker a choqué plusieurs invités sur le plateau de Tout le monde en parle , dimanche dernier. L’animatrice Julie Snyder a souligné que le livre de Mme Becker banalisait la prostitution et en faisait la promotion. «Ce n’est quand même pas comme travailler à l’usine», a lancé la productrice québécoise.        

L’auteure fait valoir «que des femmes et des hommes revendiquent le choix [de se prostituer]». Elle reconnaît toutefois les failles du système allemand, où la prostitution de rue et les violences physiques persistent malgré ces nouvelles mesures.

Dialogue

Elle rappelle que selon elle, la meilleure démarche pour légiférer sur la prostitution reste d’impliquer les personnes concernées par le «plus vieux métier du monde». 

«C’est moins compliqué d’encadrer la prostitution que de ne pas l’encadrer et ensuite de venir pleurnicher parce qu’on se retrouve avec des cadavres sur les bras», lance-t-elle.

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