Les gens de la ville doivent arrêter de croire que c'est facile de passer au bio, disent des agriculteurs québécois | Tabloïd
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Les gens de la ville doivent arrêter de croire que c'est facile de passer au bio, disent des agriculteurs québécois

Face à la crise climatique, ils demandent au gouvernement de changer les règles pour faciliter la transition

Passer à l'agriculture biologique est un vrai chemin de croix au Québec et ça ne se fera pas du jour au lendemain, peu importe ce qu'en pensent les gens de la ville. C'est dû entre autres au manque d'éducation et de contact avec le milieu agricole, croit le pomiculteur Hugues Lavoie, qui veut éliminer les pesticides de sa production dans les prochaines années.  

«Il n’y a pas un agriculteur qui est content de mettre des pesticides dans ses champs, lance catégoriquement Hugues Lavoie. On est les premiers à réfléchir à la santé de notre planète.» 

Selon lui, les risques financiers pour obtenir une certification biologique sont encore trop importants.   

Pour obtenir ladite certification, les agriculteurs doivent cesser d'utiliser des produits chimiques pendant trois ans. Toutefois, les fonds pour compenser leurs pertes de production sont octroyés après deux ans, ce qui cause une pression financière sur le dos des agriculteurs, explique le pomiculteur de Rougemont, en Montérégie.        

Hugues Lavoie, pomiculteur à la Pommeraie d'or, Rougemont

 «Sans pesticides, tu risques d’avoir des fruits de moins belle qualité et des pertes importantes au niveau de ta quantité de fruits, explique-t-il. Ça fait un trou dans notre portefeuille.»                

Plusieurs embûches  

Le chemin de croix pour obtenir une certification biologique représente une implication à tous les niveaux en raison des coûts et des techniques à adopter, fait valoir pour sa part le président de l'association agricole l’Union paysanne, Maxime Laplante. 

«Il y a des embûches à toutes les étapes. Que ce soit pour les semences et les engrais qui doivent être certifiés, la machinerie qui doit être nettoyés, à chaque fois, il y a un obstacle qui décourage les agriculteurs à lâcher les pesticides», affirme-t-il.

De son côté, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) se dit conscient des sacrifices des agriculteurs. Passer au bio est plus facile pour certains secteurs de production, explique le conseiller expert pour le secteur biologique au MAPAQ, Nicolas Turgeon.

«Pour les producteurs de fruits ou de légumes, c’est plus compliqué parce qu’il y a beaucoup de maladies ou d’insectes. Le coffre à outils est moins complet pour se défendre contre les maladies/insectes», affirme-t-il.       

Offert depuis 2015, le programme d’aide financière du MAPAQ pour passer au bio a bénéficié à plus de 500 entreprises entre 2015 et 2018.       

Selon les plus récentes statistiques du MAPAQ, environ 7% des fermes du Québec sont certifiées biologiques.               

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