Une course effrénée de messagers à vélo en pleine nuit à Montréal | Tabloïd
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Une course effrénée de messagers à vélo en pleine nuit à Montréal

Tabloïd a pris part à cet événement qui se passe littéralement sous les yeux des Montréalais sans qu’ils le réalisent.

Par une soirée fraîche de novembre, près de 125 cyclistes venus d’aussi loin que Toronto ont participé à la Course des Morts de Montréal. Roulant à plus de 30km\h, ils ont redoublé d’endurance, d’agilité et de stratégie pour compléter le plus rapidement un trajet qui reproduit le parcours typique d’un messager à vélo. On les a suivis.   

L’ambiance était festive avant le début de l’événement fondé en 2001. Tout le monde avait hâte d’enfourcher son bolide. Les conditions météorologiques étaient clémentes pour un mois de novembre: pas de pluie, 6 °C, une brise légère, un ciel nocturne bien dégagé.       

À la ligne de départ, les looks étaient aussi nombreux que les coureurs: du cycliste aguerri avec son vélo de route et sa tenue moulante, au participant qui arrive en jeans avec une vieille bécane jusqu’au messager à vélo avec son style urbain.       

La plupart des participants ont préféré parler sous le couvert de l’anonymat, tandis que les organisateurs ont refusé les nombreuses demandes d’entrevue de Tabloïd.       

Les cyclistes devaient se rendre le plus rapidement possible aux 22 adresses du parcours. La course n’était pas balisée. Chacun pouvait emprunter le chemin qu’il jugeait le plus court.        

Malgré le temps favorable, la course représente tout de même un défi pour les cyclistes à qui on a parlé. «Tellement de facteurs peuvent rendre la course difficile à gagner. En plus d’être bon, en forme et stratégique, il faut que tu sois chanceux, il faut que tu ailles du flair», explique Maxim, qui a participé à cinq Courses des Morts. C’est d’ailleurs pourquoi remporter cette course est un fait d’honneur dans la communauté de vélo, indique Maxim.       

Les cyclistes se rejoignaient cette année à la Place de la Paix, sur Saint-Laurent, à Montréal. Pendant que les organisateurs donnaient quelques consignes, des centaines de vélos juchés ici et là scintillaient à cause des lumières rouges et blanches.       

Pour la première étape, les coureurs devaient se rendre au pied du Mont-Royal pour récupérer un manifeste sur lequel ils trouveront les instructions de la course. Les participants se sont ensuite séparés chacun de leur côté. Aux différentes adresses, les coureurs devaient réaliser des défis comme effectuer une opération mathématique complexe, prendre un selfie ou encore de boire une bière d’un coup. Les cyclistes devaient traverser la ville, pédalant de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve jusqu’à celui du Sud-Ouest.       

Cette année, les plus rapides ont bouclé le parcours en 2h30, ce qui donne une distance moyenne de 30 km parcourus à l’heure. Pour augmenter leur vitesse, quelques coureurs ont dit enfreindre des règles du Code de la sécurité routière. Les organisateurs de la course déconseillent toutefois ce genre de pratique.        

L’inscription de 10$ à la course finance un fonds d’urgence international pour les messagers à vélo qui se blessent dans le cadre de leur fonction. L’événement rend aussi hommage à des cyclistes de la communauté de messagers qui sont décédés dans la dernière année.       

Plusieurs compétitions comme la Course des Morts sont organisées à travers le monde. La course de Montréal serait même celle qui attire le plus de gens parmi toutes les autres du genre en Amérique du Nord, selon un ancien membre de l’organisation.       

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