Cette ambulancière dit subir du sexisme à tous les jours | Tabloïd
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Cette ambulancière dit subir du sexisme à tous les jours

Propos déplacés et gestes offensants font partie du quotidien des ambulancières, affirme-t-elle

 Des ambulancières du Québec sont quotidiennement victimes des comportements sexistes, affirme l’une d’entre elles à qui une trentaine de collègues ambulancières ont dit vivre la même réalité.  

 Dans une publication sur Facebook, Sarah-Maude Poirier a dénoncé mercredi deux gestes sexistes dont elle a été victime le jour même pendant son quart de travail. «Coup sur coup, c’est la goute qui a fait déborder le vase», lance-t-elle, exaspérée.   

 «En matinée, on est allé aider un patient à se relever. Au moment où mon collègue l’a relevé et je le maintenais, il s’est permis de me donner un bec à mi-chemin entre la joue et la bouche», explique l'ambulancière d'Amqui à qui Tabloïd a parlé par Skype.     

 Puis, quelques heures plus tard, un automobiliste s’est étonné de la voir au volant d'un véhicule d’urgence. «Il s’est adressé à mon collègue en lui disant : "Tu laisses chauffer une femme. Es-tu bien assuré"», affirme la femme de 34 ans.    

 Ces situations arrivent «très fréquemment», poursuit-elle. «Dans mon cas, l’accumulation a fait en sorte que j’ai eu envie de me libérer. Finalement, avec ma publication Facebook, j’ai constaté que ça se produit beaucoup plus qu’on le pense et c’est partout au Québec.»   

  

 «Je trouve ça dommage, je trouve ça pathétique. J’ai deux petites filles et je réalise qu’elles vont devoir faire leur chemin à travers ce genre de commentaires.» - Sarah-Maude Poirier    

 Commentaires dérangeants  

 Ambulancière depuis une décennie, Sarah-Maude Poirier est exaspérée qu’on remette sans cesse en question sa capacité à faire son travail.      

 «Souvent, il y a des gens qui vont vouloir forcer sur une civière à ma place. C’est vraiment dérangeant. Arrêtez de forcer pour nous», affirme-t-elle, ajoutant que «la ligne entre le sexisme et la galanterie est tellement proche».     

 «Si je fais ce job-là depuis 10 ans, c’est parce qu’un boss a reconnu mes compétences pour que je me joigne à l’équipe, dit-elle. Si je suis encore là, c’est parce que j’ai la capacité de le faire comme toutes les femmes qui sont là.»    

 Ce genre de situation est fréquent dans le milieu ambulancier, mais il est tout aussi fréquent dans d’autres milieux considérés comme étant typiquement masculins, selon elle.   

 «Ça arrive dans mon milieu, mais ça va être la même chose pour la fille qui est soudeuse, celle qui est policière ou celle qui chauffe des tracteurs. Il faut casser les mythes.»

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