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On a exploré une maison abandonnée et voici nos conseils pour immortaliser votre visite

Les Cantons-de-l'Est regorgent de lieux mystérieux que l'automne pluvieux rend encore plus lugubres

Image principale de l'article Une maison abandonnée qui donne froid dans le dos

Si vous êtes déjà entrés dans une bâtisse abandonnée, vous connaissez l'émotion qui nous traverse. On a l'impression de ne pas avoir affaire là et pourtant, notre curiosité nous force à avancer. Mais nous ne sommes jamais à l'abri d'un faux pas qui pourrait tout gâcher. Voici quelques trucs.  

Jules Falardeau

1 - Ne pas se mettre en danger   

Que ce soit par l'accès ou à l'intérieur de la bâtisse elle-même, il ne faut jamais oublier que ce sont souvent des infrastructures qui se détériorent depuis des années. On n'est jamais à l'abri d'un effondrement. Donc on fait gaffe, on regarde où on met les pieds et on ne prend pas de risques inutiles. Un plancher à déjà cédé sous mes pieds. J'ai fait une chute d'à peine deux mètres. Rien de grave, mais juste assez pour faire sa première crise cardiaque.    

Jules Falardeau

 2 - Ne pas s'y rendre seul   

Dans le meilleur des mondes, on s'y rend accompagné. Ainsi, si quelque chose se produit, l'autre personne peut aller chercher de l'aide. Ce n'est pas une règle que je respecte toujours. C'est un peu idiot de ma part, j'en conviens. Dans le pire des cas, on prévient au moins une personne avant l'exploration.    

Jules Falardeau

  

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3 - Ne rien briser   

On ne détériore pas la bâtisse plus qu'elle ne l'est et on prend des photos. Parfois, on s'habitue à voir une maison abandonnée dans le paysage, puis tout d'un coup, elle n'est plus là; un feu, un effondrement, un promoteur qui vient bâtir des condos. Qui sait, vous aurez peut-être la dernière image d'un fragment de l'histoire de votre village. Parce que c'est aussi de ça qu'il est question. Ces lieux sont liés à l'histoire et même si ce n'est pas l'histoire avec un grand H, il ne faut pas sous-estimer son importance.    

Jules Falardeau

  

Jules Falardeau

En visite à Dunkin   

Pour cette première visite, on est dans le petit village de Dunkin dans les Cantons-de-l'Est. Le fondateur de ce hameau, le Colonel Hendrick Ruiter, un loyaliste d'origine hollandaise qui a tout perdu lors de la guerre d'indépendance américaine, est venu s'y établir en 1796.    

Jules Falardeau

Il y a construit sa demeure à quelques pas de la maison qu'on visite et qui a appartenu à certains de ces descendants. D'aussi loin que je me souvienne, elle a toujours été abandonnée. Il n'y a pas de grand drame derrière son laisser-aller. C'est tout simplement à cause d'un litige familial : un parent est mort, la famille ne s'est pas entendue et la maison ne sera plus entretenue. Un jour elle disparaîtra.    

Jules Falardeau

Ce qui est particulier dans ce genre de visite, c'est d'entrevoir, à travers les objets et artefacts, un fragment de la vie de ses occupants. Tout d'un coup on tourne un coin de mur et bang, on tombe sur une carcasse de ... Bon, d'une bête de la famille des canidés en tout cas. Appelez-moi Charles Tisseyre.    

Entrer dans une maison abandonnée a quelque chose de solennel. On surveille nos pas et nos sens s’aiguisent. On anticipe presque de voir apparaître un spectre ou une bestiole : la culture des films d'horreur nous y a conditionnés. Pour certains, c'est purement un trip de gamin. Pour d'autres, ça ne s'éclipse pas en vieillissant.       

Jules Falardeau

On a même donné un nom à ce genre de pratique : Urbex, pour « Exploration urbaine ». À travers des pages Facebook ou des chaînes YouTube, on découvre qu'il existe toute une communauté d'adeptes qui partagent cette curieuse passion.       

Jules Falardeau

J'avais déjà cette fascination depuis longtemps pour deux raisons très différentes: l'esthétique particulière qui s'en dégage — je suis tout de même un peu cinéaste après tout — et l'histoire derrière ces reliques nous aident à mieux comprendre le monde qui nous entoure.      

Jules Falardeau

Dans les dernières années, j’ai eu la chance de découvrir la ville fantomatique d'East Cleveland, en Ohio, ou la maison abandonnée du Général Almazán à Monterrey, au Mexique. Le Québec a aussi beaucoup à nous offrir dans ce domaine, que ce soit en milieu urbain, en campagne ou à travers ces villes champignons qui ne survivent pas à l'épuisement d'une mine par exemple.        

Mon terrain de jeu favori, ce sont les Cantons-de-l'Est parce que c'est un coin que je connais, mais aussi parce qu'on y retrouve de la variété. Maisons centenaires, mine épuisée, cimetières cachés... je vous avais même montré un ancien centre d'exploration spatial.      

Jules Falardeau

  

Jules Falardeau

Tout cela nourrit notre imaginaire, mais à l'occasion ça nous donne le goût d'en savoir plus et d'en connaître l'histoire. Prochainement, je vous reparlerai du Colonel Ruiter à travers la visite de cimetières qui ont l'air tout droit sortis d'une Nouvelle-Angleterre de l'époque de la chasse aux sorcières. 

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