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Ils réunissaient 400 personnes chaque année

Dans la maison des parents

Image principale de l'article Ils réunissent 400 personnes chaque année
Photo Jean Balthazard

Une maison de Laval accueille depuis huit ans un house party immense, mais très sélect: Le «V Boogie». Les propriétaires de la maison ne s’en sont jamais rendu compte. Il s’agit d’un véritable tour de force, compte tenu de l’ampleur de l’événement qui a réuni plus de 400 personnes cette année, qui n'y auraient jamais mis les pieds sans une rare invitation Facebook. Nous sommes allés y faire un tour.  

Photo Alex Colapelle

Clôtures métalliques, agents de sécurité qui demandent de s’identifier, cour arrière pleine à craquer: la scène rappelle la comédie américaine Project X, dans laquelle quelques centaines de convives s’entassent dans une petite maison d’un quartier résidentiel.           

  

Photo Alex Colapelle

Le soleil vient de se coucher sur l’une des dernières soirées du mois d’août. Les fêtards qui déambulaient dans les rues tranquilles de Laval jouent maintenant du coude pour se déplacer sous les lumières multicolores, une haie de cèdres les cachant à peine des voisins.           

Le dernier «V Boogie» commence, une grande fête qui a parfois duré près de 24 heures.           

  

L’intérieur de la maison ressemble à une salle de spectacle complètement bondée. Du rez-de-chaussée au sous-sol, se déplacer devient un véritable défi.          

Un système de son de calibre professionnel et des éclairages personnalisés rendent l’endroit méconnaissable. Les murs et les planchers sont cartonnés, les meubles ont disparu.         

Une salle VIP est même aménagée pour une poignée d’invités de marque. Mais comment se fait-il que les parents, qui savaient tout de même que leurs fils invitaient des amis à la maison, n’aient jamais eu connaissance de la grandeur de l’événement?           

«C’est parce que tout a toujours été party proof dans la maison, me répond Bruno, l’un des deux frères organisateurs. [...] Justement, on a continué à faire le party parce que chaque année, rien n'était brisé ou volé.»          

Une organisation hors pair   

Dès que les parents et propriétaires de la maison partent pour leurs vacances annuelles, l’équipe organisatrice commence à transformer la demeure.          

À l’intérieur, les meubles sont cachés à l’étage. On s’applique à recouvrir murs et planchers de rubans adhésifs et de cartons. La préparation prend une dizaine de jours. Après la fête, chaque objet est replacé, au millimètre près, indique Sébastien, l’un des fondateurs du «V Boogie».            

Photo Alex Colapelle

  

«On prend des photos et des vidéos de toutes les pièces et on se crée un groupe Facebook qui s’appelle “Les photos de la maison”, dit-il [...] Quand est-ce que tu remarques que la mère de ton ami déplace un bibelot? Je l’ai remarqué cette année! Ça faisait sept ans qu’on le mettait de la même manière, mais là, il n’était plus à la même place.»          

En huit ans, seul un petit miroir de salle de bain a été brisé. Un exploit.           

Huit ans se sont écoulés depuis la première édition de la fête qui rassemblait une cinquantaine de personnes autour d’un petit haut-parleur sans fil. Le nombre de participants a explosé et il est de plus en plus difficile d’éviter la visite de la police.          

Surtout si des rappeurs et des beatmakers bien en vue dans le monde du rap Québ sont en spectacle dans le salon.          

Un show exclusif  

Kevin Na$h, Fouki, Kirouac et High Klassified ont tous déjà foulé les planchers de la maison lavalloise. Lors de leurs prestations, les artistes se retrouvent à quelques centimètres des invités. «C’est l'fun que ça soit intime. Les gens sont à l’aise de venir te parler dans un contexte de house party», avance Willygram, un jeune rappeur du Plateau-Mont-Royal.            

Le rappeur Willygram (à droite)

Photo Alex Colapelle

Le rappeur Willygram (à droite)

«En tant qu’artiste, c’est sûr que ce ne sont pas les conditions idéales, mais au moins, ça te permet de chiller dans un fou party», lance le beatmaker QuietMike.          

QuietMike (à droite)

Photo Alex Colapelle

QuietMike (à droite)

Cette soirée évoque des souvenirs d’adolescence, malgré l’âge des invités qui sont plutôt dans la vingtaine. «Juste que ce soit la maison des parents qui partent en vacances, je trouve ça légendaire, ça ramène à l’époque du secondaire», me confie David Hener, pro de l’événementiel bien connu pour ses soirées osées et excentriques.          

Tristement, il s’agit du dernier party du genre dans cette maison familiale de Laval. Les organisateurs du «V Boogie» veulent maintenant «se diriger vers quelque chose de légal», et planifier des événements dans des bars ou des clubs.         

L'entrepreneur David Hener (au centre)

Photo Courtoisie

L'entrepreneur David Hener (au centre)

  

Il y a fort à parier que ça fera l’affaire des voisins, dont les plaintes de bruits ont forcé la police à débarquer en plein party, lors des deux dernières éditions.           

«On a eu des plaintes de bruits, en lien avec l’événement», a d’ailleurs confirmé la police de Laval, ajoutant que des agents ont effectué deux interventions cette année. Aucune amende n’a toutefois été donnée aux organisateurs de la soirée.           

Si le propriétaire d’une maison désire accueillir 300 personnes chez lui, ce n’est pas illégal, m’a assuré la police. Par contre, le propriétaire ou les convives peuvent recevoir des amendes durant la soirée, si par exemple le bruit est excessif ou en cas d’ivresse sur la voie publique.          

«Oui, il y a des nuisances, reconnaît Guillaume, l’un des organisateurs. Mais il faut faire la part des choses, on le faisait une fois par année!» nuance-t-il.    

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