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Voici Maire de Laval, la recrue de l’année du web queb

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Mounir Kaddouri n’a jamais eu la langue dans sa poche, et la voix de celui qui se présente sous le pseudonyme «Maire de Laval» se fait de plus en plus entendre sur YouTube. En moins de deux mois, sa chaîne a déjà accumulé plus de 12 000 abonnés, et pour lui, ce n’est qu’un début. 

Instinctivement, je voulais présenter Mounir comme l’anti-influenceur du web québécois, vu ses multiples vidéos où il tire à boulets rouges sur les PO Beaudoin et les EmyJade Greaves de ce monde, mais le jeune Lavallois rejette fermement ce titre. «Je dirais plus que je suis critique des influenceurs. Je trouve ça fake, je trouve qu’on pourrait avoir une meilleure culture web que ça au Québec, mais je respecte leur hustle», tranche-t-il. 

Les vidéos de Maire de Laval sont d’une simplicité désarmante. Habituellement vêtu d’un manteau vintage d’une équipe sportive, le YouTubeur de 21 ans s’adresse directement à la caméra depuis sa chambre. Le décor est minimaliste et la qualité de production est discutable, mais ce n’est pas l’important. «En fin de compte, le fait que le décor soit fucking laid fait en sorte que tu vas juste écouter ce que j’ai à dire. J’aime ça que l’attention soit sur ce que je dis, sur mes idées, sur mon opinion, et y’a pas de YouTubeurs qui font ça au Québec», songe-t-il. 

Au-delà de ses vidéos qui traitent des vedettes du web québécois, Mounir parle aussi de sujets chauds de l’actualité qui touchent particulièrement les moins de 30 ans. On pense entre autres à la législation du cannabis, l’épreuve uniforme de français et la fois où Ludivine Reding a dansé et pris des photos avec le controversé rappeur Enima au festival Metro Metro. 

Étant lui-même un produit d’internet, Maire de Laval se dit très critique des médias et du divertissement québécois. «Il faut arrêter le fake shit. C’est possible pour eux de rejoindre notre démographie et ils réussissent des fois, comme avec Fugueuse, mais je trouve vraiment qu’ils ignorent vraiment les jeunes». 

L’authenticité avant tout 

Le Mounir que j’ai rencontré en face-à-face était exactement comme celui que j’ai vu sur YouTube. Il employait les mêmes sacres, anglicismes et expressions et n’hésitait pas à verbaliser tout ce qui lui passait par la tête. 

Photo, Charles-André Leroux

«Quand j’ai commencé à faire mes vidéos et que ça ne pognait pas, le seul conseil qu’on me donnait était de mieux parler, de changer la manière dont je m’exprime. Mais maintenant que ça commence à pogner, le monde me disent : “yo, j’ai jamais checké de YouTubeur québécois de ma vie, t’es le seul YouTubeur québécois que je check”. Je fais juste parler exactement de la même manière que je talkshitterais avec mes amis», relate-t-il. 

Bien que des créateurs de contenu américains dits «authentiques» comme H3H3 et iDubbbz aient été une grande source d’inspiration pour sa chaîne, les vidéos de Mounir ont une saveur résolument locale et milléniale. Il se sert entre autres d’expressions du «nouveau joual de la métropole» (comme le qualifiait La Presse, l’an dernier ), comme «bagay», qu’on associe surtout aux jeunes. 

Selon le chercheur de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain, Jean-Michel Berthiaume, c’est l’authenticité indéniable de Maire de Laval qui fait son succès. 

«Quand je l’ai écouté j’avais le même sentiment que quand j’écoutais les premiers disques d’Alaclair Ensemble. C’est du freestyle, un peu duct tape, les raccords et les influences paraissent, mais il y a une vérité dans comment c’est déclamé qui fait en sorte que c’est intéressant à entendre», analyse-t-il. 

Selon lui, ce sont des chaînes comme Maire de Laval qui illustrent bien la pertinence et l’unicité de YouTube en tant que média social. 

«Ce que les gens recherchent le plus sur YouTube, c’est l’expression individuelle de la manière la plus honnête et authentique que possible. Il n’y a personne qui peut dire quoi que ce soit par rapport à l’authenticité de cette chaîne-là. Il tourne quelques personnes en dérision, mais c’est toujours avec une ouverture et une porte ouverte chez lui», observe le doctorant en sémiologie. 

Les prochains mandats du maire 

Mounir Kaddouri n’entend pas faire carrière sur le web, mais souhaite tout de même que sa chaîne puisse évoluer pour devenir quelque chose d’encore plus grand. 

«Si le contenu que je fais durait 30 minutes, ce serait un podcast, donc travailler sur un podcast est quelque chose qui m’intéresserait. Sinon, c’est sûr que je veux faire des vidéos plus produites, plus éditées, et plus écrire mes textes et mes blagues», dit-il. 

Il poursuit présentement un baccalauréat en philosophie à l’Université du Québec à Montréal et souhaite travailler plus tard dans le domaine des communications. Il y a fort à parier que sa chaîne pourrait bien l’aider avec ça.

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