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Été écolo pour des artistes en tournée

Émile Bilodeau et Laurence Lafond-Beaulne
Illustration, Christine Lemus

Émile Bilodeau et Laurence Lafond-Beaulne

Jeter des bouteilles d’eau à moitié remplies à la poubelle, faire 500 km par jour sur la route, prendre l’avion plus d’une centaine de fois par année... Les tournées artistiques peuvent avoir de lourdes empreintes écologiques.

Mais avec le lancement d’Artistes citoyens en tournée (ACT) par Laurence Lafond-Beaulne de Milk and Bone il y a deux ans, et le futur projet de tournée électrique d’Émile Bilodeau, des alternatives favorables au respect de l’environnement ne cessent de voir le jour dans le monde du spectacle.

En mai 2017, Laurence Lafond-Beaulne, avec l’aide d’Aurore Courtieux-Boinot et Caroline Voyer, a lancé le mouvement ACT. Traîner ses propres ustensiles et prioriser les pochettes d’album en carton plutôt qu’en plastique, par exemple, font partie des trucs qu’ACT fourni dans son guide en ligne conçu pour inciter les artistes à faire de la tournée un processus davantage écologique. Depuis 2 ans, plusieurs artistes comme Alex Nevsky, Koriass, et Ariane Moffat ont pris part au mouvement.

Avant 2017, les habitudes favorables à l’environnement n’étaient pas sous le feu des projecteurs sur les scènes du Québec.

«Après un spectacle, j’ai vu une scène d’horreur qui m’a vraiment horrifiée: 30 bouteilles d’eau à moitié remplies, par terre, se souvient l’auteure-compositrice-interprète Laurence Lafond-Beaulne. Il y avait une technicienne qui passait les balais et qui mettait ça dans la poubelle.»

Plusieurs salles de spectacle à Montréal font néanmoins de plus en plus d’efforts pour s’adapter aux besoins environnementaux.

Changer l’éclairage pour du DEL (qui consomme beaucoup moins), prioriser le compostage et, d’ici 2020, réduire 70% de leurs déchets: la Place des Arts est un des exemples de la scène éco-responsable au Québec. La Tohu, qui accueille les plus grands cirques du monde, pour sa part, s’est démarquée en aménageant un jardin biologique sur leur site. La réduction des achats jetables, de l’électricité, des coûts liés à la gestion des déchets sont tout autant bénéfiques à long terme pour la planète que pour le portefeuille.

Laurence Lafond-Beaulne

Photo, Adrian Villagomez

Laurence Lafond-Beaulne

Cet été, l’organisation ACT offrira des conférences sur l’écologie afin de sensibiliser la population. L’équipe mettra aussi à la disposition des humoristes, chanteurs, danseurs, conférenciers qui rejoignent le mouvement, un dispositif gratuit et disponible sur leur site internet, pour évaluer leur empreinte écologique. Ainsi, ils pourront reverser une partie des bénéfices de tournée à un organisme de leur choix pour compenser leurs gaz à effets de serre.

«Nous (Milk and Bone) on a décidé d’investir dans des compagnies d’énergie renouvelable pour annuler nos dommages faits à l’environnement. Notre but c’est de donner l’exemple, c’est un projet pour inspirer. On veut que ce soit ouvert, que ce soit une communauté qui se parle pour que ça devienne une norme», dit l’interprète de Kids, Laurence Lafond-Beaulne.

La tournée du futur

Pour Émile Bilodeau, l’écologie, c’est la cause numéro un à défendre parce que, comme il dit: «Personne ne peut être contre ça, ça touche tout le monde. J’ai l’impression que si tu aimes ma musique et mes propositions sociales je pense que tu prends goût à être impliqué. Je suis fier de symboliser la jeunesse et tout ce qu’elle a de bon».

C’est d’ailleurs pourquoi il a eu la brillante idée verte d’organiser une tournée électrique prévue pour 2021 qui se rendra jusqu’aux îles de la Madeleine. Son but? Piler sur son confort et ainsi inciter les autres à le faire aussi pour assurer le confort à long terme de l’humanité.

Selon lui, ce ne sont pas les artistes qui doivent sauver le monde. Cependant, avec leur tribune et leur portée, ils peuvent peindre le portrait d’une société plus verte et faire comprendre aux gens que c’est non seulement possible, mais nécessaire.

Émile Bilodeau

Photo, courtoisie

Émile Bilodeau

«Je suis un passionné de la vie et je sens que je dois tout faire pour qu’elle ne s’éteigne pas sur Terre. C’est beau que tous les individus fassent leur petit bout de chemin, mais on ne se cachera pas que la grande virée verte, ça commence par en haut, par le gouvernement», ajoute l’interprète de J’en ai plein mon casque.

Laurence et Émile ont fait de tout le processus qui englobe leur art, une mission écologique. Dans les années à venir, ils continueront de changer le refrain de nos habitudes. Ils encourageront les autres à questionner le convenu de leur domaine professionnel qui ne rime plus avec la condition climatique de la Terre. Les nouvelles habitudes de ces musiciens prouvent qu’il est possible de changer de rythme de consommation et de combattre à l’unisson les changements climatiques.

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