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Ce Belge est venu jusqu’à Montréal pour camper devant les bureaux de Reitmans

Image principale de l'article Ce Belge a campé devant les bureaux de Reitmans
Photo, Nicholas De Rosa | Illustration, Charles-André Leroux

L’influenceur Jonathan Kubben accuse Reitmans d’avoir copié sa marque et est prêt à tout pour faire payer la compagnie québécoise. Il est venu jusqu’à Montréal et compte camper devant le siège social de l’entreprise jusqu’à ce que la situation soit réglée.  

Le Belge d’origine mexicaine a lancé son compte Instagram il y a trois ans, quand il a décidé de tout larguer pour faire le tour du monde. Le concept est simple: à chaque ville qu’il visite, il publie une photo insolite sur laquelle se trouve le slogan «Mom, I’m Fine».  

«Comme j’ai une mère qui s’inquiète beaucoup partout où je vais, j’ai créé ce concept. En peu de temps, ç’a vraiment explosé. Les publications du compte sont visionnées environ cinq millions de fois par mois», explique celui qui a aussi accumulé plus de 350 000 abonnés.  

Tout allait si bien pour Jonathan qu’il a décidé à la fin 2017 de lancer sa propre marque de vêtements où se trouverait aussi le slogan. L’idée était d’investir tous les fonds amassés dans une école au Mexique, construite à partir de plastique recyclé.  

Quelques mois plus tard, Reitmans lance une campagne pour la fête des Mères et on y voit le même slogan écrit dans la même police. Rapidement, les abonnés de Jonathan le mettent au courant de la situation. 

«Déjà le fait qu’ils aient pris mon concept me dérangeait, mais en plus de ça, la vente de mes t-shirts était pour un projet humanitaire. C’est révoltant», s’indigne le créateur de contenu. 

Le chandail «Mom, I’m Fine» de Reitmans.

Photo gracieuseté, Jonathan Kubben

Le chandail «Mom, I’m Fine» de Reitmans.

«Je viendrai à Montréal» 

Après une pluie de critiques sur les réseaux sociaux, Reitmans tend la main à Jonathan et les deux parties discutent longuement au téléphone et par écrit. Entre temps, au cours de l’année 2018, Reitmans dépose la marque «Mom, I’m Fine» au Canada. 

C’est un geste que la vedette Instagram a du mal à avaler. Il décide alors de couper contact avec l’entreprise, qui selon lui, n’offrait pas de réparation appropriée. Notons qu’à l’époque, Jonathan Kubben avait déjà déposé la marque dans l’Union européenne et attendait d’avoir plus d’argent de côté pour faire la même chose à l’international. 

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ENGLISH Two days ago I was invited to live an epic moment: witnessing the Classico (Barça - Madrid) on the first raw of the VIP area, it was amazing!! Sadly my mother asked me to try to have a picture with @cristiano Ronaldo for Mother’s Day, but it was really difficult.. You know how positive I am and I am sure it is possible with your help and a little bit of magic! Please write a comment saying: “ @Cristiano take a picture with @momimfine” under this picture! It would really make her happy!! Thank you guys! ❤❤ I would also like to thank @torres10oficialmx for this opportunity, I am really glad to be part of your EPICNESS SQUAD! #momimfine #CristianoRonaldo #epicness #classico #realmadrid #barca ———————————————— ESPAÑOL Hace dos días me invitaron a vivir una experiencia épica: ver el clásico Barça – Madrid en la primera fila de la zona VIP, fue increíble!! Mi mamá me pidió que tratara de sacarme una foto con @cristiano Ronaldo por el Día de la Madre, pero fue muy difícil. Saben que soy muy positivo y estoy seguro de que con su ayuda y un poco de magia, esto será posible! Por favor comenten debajo: “@Cristiano tómate una foto con @momimfine” A mi madre le haría muy feliz!! Gracias amigos❤❤ También me gustaría agradecele a @torres10oficialmx por la oportunidad, estoy contento de ser parte de tu EPICNESS SQUAD! #momimfine #CristianoRonaldo #epicness #classico #realmadrid #barca

Une publication partagée par Jonathan Kubben Quiñonez (@momimfine) le

Reitmans défend son approche face à la situation. Elle fait savoir par voie de communiqué qu’elle a pris la peine de contacter Jonathan Kubben et de suspendre sa campagne de promotion «bien qu’il n’ait eu aucune marque de commerce ni de produit commercialisé sous ce nom au Canada» et qu’elle n’avait pas eu de nouvelles du clan Kubben depuis juillet 2018. 

L’influenceur a donc décidé de faire ses bagages et de mettre la pression sur Reitmans en venant à Montréal la semaine dernière. Ses efforts n’ayant toujours pas porté fruit, il a décidé d’y aller d’une approche plus radicale dès le lendemain de la Fête nationale. 

Monter le camp 

Depuis mardi, Jonathan s’est installé dans une tente devant le siège social de Reitmans, sur la rue Sauvé, afin de s’assurer d’être vu par l’entreprise montréalaise. 

Jonathan Kubben dans sa tente.

Photo: Nicholas De Rosa

Jonathan Kubben dans sa tente.

«Je ne partirai pas tant que je n’ai pas ma marque de retour et une réparation. Je suis ici et je suis ouvert à discuter et j’attendrai autant qu’il le faut», affirme l’influenceur. 

Durant son jour et demi passé à vivre dans son campement, Jonathan a pu compter sur l’aide et le soutien de plus d’une quinzaine de Montréalais solidaires à sa cause. 

«Les gens sont gentils ici. J’avais une tente qui n’était pas top, donc on m’en a apporté une autre. Il y a des gens qui me donnent à boire et à manger, et d’autres chargent mes appareils et me les ramènent pour que je puisse rester en communication. C’est incroyable», raconte le Belge. Une délégation d’influenceurs locaux devrait d’ailleurs bientôt venir lui rendre visite. 

 

Veronica (gauche) et Thuymi (droite) sont venues tenir compagnie à Jonathan, mercredi.

Photo, Nicholas De Rosa

Veronica (gauche) et Thuymi (droite) sont venues tenir compagnie à Jonathan, mercredi.

Ultimement, il souhaite non seulement régler sa situation, mais lancer un message à toutes les entreprises qui se servent du contenu de «jeunes créateurs» sans leur attribuer de crédit ou de profits. 

Jonathan Kubben se dit confiant de pouvoir trouver une solution bientôt, tandis que Reitmans et ses avocats sont toujours en discussion. 

Reitmans a déclaré par voie de communiqué que les deux parties ont déjà eu «plusieurs échanges» 

«Nous avons exprimé notamment notre ouverture à transférer la demande de marque de commerce pour le Canada, ainsi que de contribuer à sa campagne humanitaire, en signe de bonne foi. Nous croyons notre proposition généreuse et avons l’espoir de trouver une entente raisonnable», a soutenu l’entreprise vestimentaire. 

Il se pourrait que Jonathan puisse lever son camp plus tôt que prévu.

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