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On a testé un jeu porn en réalité virtuelle

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Nutaku, une branche de MindGeek, un géant du divertissement pour adultes qui possède aussi les sites pornos PornHub et YouPorn, offre un produit assez particulier: des jeux érotiques interactifs, dont certains en réalité virtuelle. On a décidé d‘expérimenter la chose.

Ce qui peut avoir l’air d’une manière marginale voire futuriste de consommer de la porn existe pourtant depuis le début des années 1990.

En 1993, la société de technologie néerlandaise Philips développait en effet The Joy of Sex, un jeu érotique et interactif, pour sa défunte console CD-i.

Plus récemment, au 21e siècle cette fois, une mission du jeu populaire Grand Theft Auto: San Andreas offrait un «happy ending», pendant lequel vous deviez augmenter le niveau de satisfaction de votre partenaire.

Bref, un objectif très similaire au jeu en réalité virtuelle que l’on a testé, Sexbot Quality Assurance Simulator.

Mais pourquoi prendre le temps de visiter un site de jeux lorsqu’on peut simplement s’exciter sur un site porno traditionnel?

«Nos joueurs ne cherchent pas la même chose. Lorsque tu vas sur un site pornographique, tu vas chercher une excitation pour tes besoins. Nos joueurs veulent d’abord un jeu, et pour eux, l’aspect érotique est la récompense. On ne “gamifie” pas la pornographie, mais on “adultifie” le jeu vidéo», nuance finement Jean-François Tremblay, gestionnaire au développement des affaires chez Nutaku.

Disons que vous jouez à un jeu de rôle. Un titre classique vous encouragera à acquérir une armure plus robuste et de meilleure qualité au fil de l’histoire.

Les jeux pour adultes vont dans le sens contraire. Plus vous progressez, moins l’armure des personnages sera imposante, jusqu’à la nudité totale.

Une progression fulgurante

En jetant un premier coup d’oeil à l’offre de Nutaku, j’avais de la difficulté à mesurer l’envergure de la compagnie et de sa communauté.

Mais en analysant les statistiques et l’historique du site, j’ai rapidement saisi l’ampleur du phénomène.

Jean-François Tremblay, gestionnaire au développement des affaires chez Nutaku, compare son employeur au «Kongregate du sexe, mais avec cinq fois plus de trafic».

Et clairement, il est plus que rentable.

Lorsque j’ai récemment croisé Jean-François «Jeff» Tremblay au Sommet international du jeu vidéo de Montréal (MIGS), il ne cessait de marteler que les créateurs «pourraient faire beaucoup d’argent» avec Nutaku.

Pourtant, presque tous les autres conférenciers sur place étaient plutôt pessimistes à propos de leur retour sur investissement.

«Vous pourriez faire jusqu’à cinq fois plus d’argent ici», ne cessait pourtant de répéter Jeff Tremblay, en faisant référence, entre autres, à une économie microtransactionnelle omniprésente dans l’écosystème de Nutaku.

Bien que MindGeek (PornHub, YouPorn) et Nutaku ont des bureaux à travers le monde, s’installer à Montréal était naturel pour l’entreprise, notamment en raison «des nombreux développeurs talentueux», justifie Jean-François.

Un investissement de 3 M$ plus tard, l’entreprise a pignon sur rue dans la métropole québécoise pour de bon.

D’ailleurs, Nutaku offre un «fonds d’investissement» aux développeurs qui souhaitent créer des jeux pour adultes.

Un total de 10 M$ est investi chaque année dans des productions externes. En ce moment, 116 projets sont en processus d’évaluation, et le site web espère augmenter sa bibliothèque à 250 jeux d’ici la fin de 2019.

Et on sent également une volonté d’inclure la communauté LBGTQ+ chez Nutaku. Pour l’instant, quatre jeux sont prévus, mais Jean-François assure en vouloir davantage.

Ajoutez cette nouvelle mission au développement de jeux en réalité virtuelle, dont on parle dans le topo ci-dessous, et vous pouvez être certain que de grandes résolutions attendent Nutaku en 2019.

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