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Une langue pour les gouverner tous

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Ĝi estas bela lingvo kun belaj vortoj. Kiu portas sian rakonton per siaj akcentoj. Sed kontraŭe al tio, kion mi sugestas pruntante la vortojn de Yves Duteil, ĉi tie ne estas demando pri la franca. Esperanto, ĉu vi scias? 

Vous n’avez rien compris? Normal. Je vous laisse d’abord aller vérifier sur Google translate, avant de vous expliquer ce qu’est l’espéranto. 

C’est fait? Poursuivons. 

Créé en 1887 par un jeune idéaliste polonais, l’espéranto est né d’un désir d’unir les nations sous la bannière d’une langue commune. Une langue universelle, fabriquée à partir du croisement de toutes les autres. La « Lingwe Uniwersala », ce projet un peu fou de Ludwik Zamenhof, devait permettre de créer des ponts entre les peuples dans une logique d’harmonie et de respect du principe de souveraineté plutôt que par des tentatives de domination et d’assimilation. Dans la seconde moitié du 20e siècle, l’espéranto a souvent été associé, à tort ou à raison, aux mouvements de libération des peuples et au militantisme. 

Il est très difficile d’estimer le nombre exact de locuteurs d’espéranto. La fourchette incroyable allant 100 000 à 10 millions d’espérantophones s’explique comme suit : selon des recherches menées par un linguiste finlandais, environ 1000 personnes ont l’espéranto comme langue maternelle, 100 000 personnes le parlent couramment et 1 million de personnes auraient tenté de l’apprendre à un moment ou un autre de leur vie, soit par contact avec d’autres locuteurs, soit à travers des cours ou des outils tel que des logiciels. 

Malgré un départ en canon en Europe de l’Est et un engouement certain après les deux guerres mondiales (dans la foulée de la création de la Société des Nations puis de l’Organisation des Nations Unies), l’espéranto n’a jamais réussi à s’imposer dans l’imaginaire au même titre que le latin jadis ou l’anglais maintenant. 

Empruntant à l’alphabet romain pour l’écriture et aux langues slaves pour la sonorité, l’espéranto demeure encore bien vivant. La langue s’enrichit constamment de néologismes qui font apparition dans son dictionnaire pour refléter les nouvelles réalités sociales et technologiques. Et même s’il est peu probable qu’il soit présenté comme langue officielle dans nos institutions internationales ou encore enseigné dans nos écoles, l’espéranto continue d’attirer des adeptes et sa transmission est plus assurée que celle de certaines langues autochtones. 

Les espérantophones d’aujourd’hui apprennent généralement la langue pour le plaisir. On estime que les locuteurs sont répartis dans près de 120 pays où ils s’organisent en petites communautés pour partager leur passion. L’espéranto c’est aussi des livres, des chansons et des films qui font le bonheur des petits et des grands. 

Et une fois par année, les espérantophones se réunissent en congrès international pour tisser des liens de façon à honorer, en quelque sorte, le rêve inachevé de Ludwik Zamenhof. 

On a rencontré la branche québécoise dans le cadre d’un événement à Montréal.