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Des femmes nous expliquent pourquoi il y avait juste des hommes en file à la SQDC

Image principale de l'article Pourquoi il y avait juste des hommes en file

Le premier jour de la légalisation du cannabis aura été marqué par les file wes d’attente de milliers de personnes qui ont dû patienter plusieurs heures avant de pouvoir enfin acheter, humer et fumer du weed homologué par Santé Canada. Mais dans cette marée de stoners, les stoneuses se faisaient rares.

Nous avons sondé les femmes qui attendaient l’ouverture des portes de la Société québécoise du cannabis (SQDC) pour tenter de comprendre pourquoi.

D’emblée, la quasi-totalité de la quinzaine de femmes rencontrées à l’extérieur de trois succursales de la SQDC se sont dites conscientes, mais pas nécessairement surprises, par le manque de représentation de la gente féminine aux nouveaux magasins de pot.

«Ça doit sûrement être parce que les femmes travaillent aujourd’hui», lance à la blague Romy, rencontrée à l’extérieur de la succursale de la Plaza Saint-Hubert, à Montréal.

Romy est arrivée à la SQDC de la Plaza Saint-Hubert une demie-heure avant l’ouverture.

D’un ton plus sérieux, cette consommatrice de longue date ajoute qu’il est selon elle «moins anormal pour les gens» de voir un homme fumer qu’une femme.

«On le voit beaucoup moins chez les femmes, donc le monde nous juge un peu plus. Je connais plein de filles qui fument puis qui ne sont pas gênées de le dire, mais il y en a d’autres qui veulent moins s’afficher parce que c’est moins accepté», juge-t-elle.

Deux poids, deux mesures

Plusieurs des futures clientes qui ont accepté de se livrer à nous abondent dans le même sens que Romy. Pour elles, c’est évident que le public ne perçoit pas les fumeuses de la même manière que les fumeurs, ce qui découragerait bien de femmes de consommer ou d’être plus ouvertes par rapport à leurs habitudes.

En patientant pour s’acheter des produits dérivés du cannabis à l’extérieur de la succursale de Mascouche, Josée ne mâche pas ses mots par rapport à cette situation.

Josée voulait acheter des gélules, des huiles et des atomisateurs oraux.

Photo : Ariane Labrèche

Josée voulait acheter des gélules, des huiles et des atomisateurs oraux.

«Pour toute consommation qui met en jeu les émotions, c’est toujours moins bien vu pour les femmes de le faire que pour les hommes. La société est encore assez sexiste, merci», tranche-t-elle.

Cette fumeuse d’expérience précise qu’elle ne se sent pas stigmatisée par les hommes qui fument du cannabis, mais bien les non-consommateurs.

La SQDC de Mascouche.

Pour Marie-Claude, rencontrée pour sa part à la succursale de Mirabel, ce sont également les attentes irréalistes envers les femmes qui jouent dans cette perception.

Marie-Claude fume du cannabis depuis qu’elle a quinze ans.

Photo : Ariane Labrèche

Marie-Claude fume du cannabis depuis qu’elle a quinze ans.

«Même si j’ai l’impression que presque autant de femmes fument que d’hommes, une fille, il faut tout le temps qu’elle paraisse bien, qu’elle se tienne droit, qu’elle soit parfaite... on dirait que fumer vient briser cette image-là et rend ça moins acceptable pour nous», observe-t-elle.

Pas que du négatif

Ce n’est pas cent pour cent des femmes consultées qui croient que le weed est plus une affaire de gars que de filles, bien que ce soit le cas pour une très forte majorité d’entre elles.

La SQDC de Mirabel.

Photo : Ariane Labrèche

La SQDC de Mirabel.

Si certaines se contentent de dire qu’il n’y a pas vraiment de stigmatisation des femmes au sein de la communauté du cannabis, d’autres évoquent différentes raisons pour la surreprésentation d’hommes au lancement des SQDC.

«Je pense qu’il y a pas mal de filles qui attendent que leur chum leur amène du stock au lieu d’attendre dehors dans le froid», estime Marie-Pier.

Marie-Pier attendait en file à la succursale de Mascouche.

«Les gars que je connais se font des grosses soirées de fumage, alors que chez les filles, ça semble plus périodique. Je crois juste que les gars accordent plus d’importance à ça», soutient Alexa.

Alexa attendait en file à la succursale de la Plaza Saint-Hubert.

Photo : Ariane Labrèche

Alexa attendait en file à la succursale de la Plaza Saint-Hubert.

Avenir prometteur

Chose certaine, la plupart des stoneuses rencontrées pensent bien que la légalisation du cannabis encouragera davantage de femmes à essayer le cannabis et s’afficher plus ouvertement comme consommatrices.

«Il semble y avoir une grosse tendance du développement du marché de cannabis envers les femmes, observe Brigitte, une consommatrice montréalaise qui compte bientôt fonder une compagnie de pot comestible. Ça règle beaucoup de maux qui sont typiques pour le sexe féminin, donc je crois que ça pourrait changer avec le temps, avec plus d’éducation.»

Même son de cloche chez cette autre fumeuse montréalaise, qui a seulement voulu s’identifier avec le pseudonyme Beowulf.

«Un jour, les filles prendront autant de drogue que les garçons!»

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