Ayisyen d’adoption | Tabloïd
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Ayisyen d’adoption

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« Bonjou, bonjou, ki jan ou ye? »« Mwen pa plis mal, non! » 

« Nap kimbe? » 

« Pa gen choix, non. Grâce à Dieu. » 

Avez-vous reconnu la langue? Il s’agit du créole haïtien. Et oui, c’est important de mentionner de quel créole il s’agit puisque la langue se décline différemment d’un pays à l’autre dans les anciennes colonies françaises. 

En Amérique du Nord, la langue reste vivante et se transmet grâce à la diaspora. Au Québec, les langues créoles sont parlées par quelque 56 000 personnes. Ici, la grande majorité des locuteurs sont d’origine haïtienne. 

Le créole n’a pas la même utilité sociale que l’anglais ni le pouvoir d’attraction du mandarin et de l’espagnol, mais ça n’empêche pas des personnes de toutes origines de s’y intéresser. Parmi elles, René Rosa, un Montréalais d’origine italienne qui a lui-même fait le choix de vivre à cheval entre plusieurs cultures et d’apprendre à parler créole sur le tas. 

À travers son enfance mouvementée passée entre les quartiers Saint-Michel et Montréal-Nord, René a côtoyé beaucoup d’Haïtiens au point où il compte maintenant plus d’amis noirs que blancs dans son entourage. Mais pour l’homme de 38 ans, rien de plus normal : lorsqu’on fait l’effort de s’intéresser aux « autres », on se rend compte qu’il y a plus de choses qui nous lient que de choses qui nous différencient. 

René voue une véritable admiration à la culture haïtienne et s’est d’ailleurs donné pour mission de la faire rayonner à sa façon. On a discuté avec lui pour savoir comment il est tombé en amour avec la langue de Doualé.