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Les Québécois dans la rue à travers les âges

Image principale de l'article Les Québécois dans la rue à travers les âges
Photo : François Ruph / Montage : Charles-André Leroux

Bien avant les conflits étudiants majeurs de 2015 et 2012, avant même la marche pour le Pain et les Roses (allez googler là), les travailleurs et travailleuses de la province n’ont pas hésité à descendre dans la rue pour faire avancer leurs causes.

En ce 1er mai, Journée internationale des travailleurs, il fait bon se rappeler que nos ancêtres pouvaient être pas mal badass.

Photo BAnQ

La force du nombre ne semblait pas déranger ces deux jeunes employés du supermarché Montemurro, qui manifestaient en 1960 sous la neige afin de réclamer le droit de faire des activités syndicales sans perdre leur job.

Des principes comme ça, qui paraissent maintenant évidents, mais qui exigeaient de poireauter dehors l’hiver à Rouyn il y a 50 ans.

Photo Jacques Darche

Rien de mieux qu’un slogan à la Falardeau pour se faire entendre. Ici, un chat noir accompagne des employés en grève des Postes de Sherbrooke en 1965, qui réclamaient une augmentation de salaire. La grève s’amorce à Montréal et à Vancouver en juillet pour se terminer moins d’un mois plus tard.

À leur retour au travail, les postiers et facteurs de Sherbrooke ont à traiter un arrérage de près de 40 000 lettres.

Photo Jacques Darche

Ce gréviste des Postes ressemblant vaguement à James Dean est croqué ici en plein piquetage sur la rue King ouest à Sherbrooke, surveillé de près par les policiers.

Photo Jacques Darche

Toujours en juillet 1965 (une année chargée de grands remous), l’apparition des conteneurs comme moyen de transporter des marchandises provoque un changement dans les conditions de travail et irrite gravement les employés portuaires. Lors d’un piquetage à la Canada SteamShip Lines, des grévistes circulent sur la rue Notre-Dame Est, près du port de Montréal. Employés de la voie ferrée, préposés à l’eau des bateaux, travailleurs des entrepôts frigorifiques: tous ont voté la grève. Ci-haut, des ouvriers du département des élévateurs à grain qui obtiendront, à la fin de la grève, une augmentation de leur salaire horaire de... 50 cents, répartie sur 2 ans.

Photographe inconnu

Une trentaine d’années plus tôt, en 1934, l’Abitibi est marquée par la célèbre grève des « Fros » à la mine Noranda. Le terme « Fros » est une contraction du mot foreigners qui désigne les ouvriers issus de l’immigration. Ces derniers comptent en 1933–1934 pour 70 % de la main-d’œuvre de la Noranda Inc. Venant d’Europe, ils ont déjà un passé marqué par le syndicalisme. Ainsi, ils mettent sur pied la Mine Workers Union et revendiquent les améliorations suivantes : journée de 8 heures maximum sous terre, reconnaissance du comité ouvrier de la mine et du droit d’adhésion à un syndicat, amélioration de la ventilation et des vestiaires, réembauche des militants syndicaux congédiés, augmentation générale des salaires de 10 % et rémunération du temps supplémentaire à taux et demi.

La mine refuse catégoriquement ces exigences et plusieurs «Fros » seront arrêtés, brutalisés et congédiés. La grève est cassée en dix jours et les « Fros » sont remplacés par des chômeurs canadiens-français.

Ouain.

Photo Champlain Marcil

Des manifestants du R.I.N (Rassemblement pour l’Indépendance Nationale) défilent ici devant l’hôtel de ville de Hull en 1964, arborant des pancartes en faveur de l’indépendance du Québec.

On donne un morceau de robot pour le slogan.

Photo Antoine Désilets

Évidemment, les manifestations ont été cruciales pour faire avancer plusieurs causes sociales. Ici, on voit des manifestantes en faveur de l’abrogation des lois sur l’avortement criminel et pour le droit de la femme à l’avortement, dans les années 1970.

Photo Antoine Désilets

Le jeu ici est de s’amuser à deviner ce qui a assez choqué de jeunes Montréalais pour qu’ils décident de sortir dans la rue. Cette photo d’Antoine Désilets a été prise entre 1960 et 1970 et le contexte n’est pas spécifié. Ce qui est évident par contre, c’est que leur style vestimentaire est on point.

Photo Johann-Natale Krieber

Différentes Premières nations, réunies sous l’appellation La Caravane des autochtones, manifestent à Ottawa en 1974. La Caravane réclame le respect d’un traité signé par la Grande-Bretagne et les États-Unis donnant le droit aux Autochtones de franchir librement la frontière Canada-États-Unis, sans tenir compte des lois sur l’immigration.

Photo Jules Rochon

Cette photo d’archives nous montre la rue Ahmerst être prise d’assaut par de jeunes manifestants en coat de cuir au mois de juin 1969, pour protester contre l’absence d’un régime d’assurance-santé pour tous les Québécois. Les pancartes arborent des slogans tels « On est tanné de l’impôt social sans assurance-santé » et « On est tanné des avortements constitutionnels ». Les discussions sur le partage des coûts d’une assurance-santé entre les paliers de gouvernement provincial et fédéral durent à ce moment-là depuis... 10 ans. Le 13 juin 1969, le gouvernement québécois sanctionne la loi créant la Régie de l’assurance-maladie qui sera implantée l’année suivante.

Comme quoi tout ce qui semble radical au départ peut devenir un acquis, si on prend la peine de s’approprier l’asphalte.

Pour voir plus de photos d’archives, c’est par ici .

-AVEC BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC