En marge du tatouage | Tabloïd
/videos

En marge du tatouage

Ils sont colocataires et tatoueurs. Ils proposent un nouveau style de dessins et même un retour aux sources.

Bien avant la création des machines à tatouage, ceux qui désiraient immortaliser leur art sur le corps d’une personne utilisaient une aiguille, un coup à la fois. Même si la majorité des tatoueurs optent désormais pour la machine électrique, Loïc, lui, a délibérément choisi de revenir à cette technique ancestrale.

Le «handpoke» ou «stick and poke» tire ses origines de pratiques vieilles de milliers d’années. Certaines communautés japonaises, thaïlandaises et polynésiennes ont développé une expertise sur l’art de tatouage à la main, qui transpire dans les tendances actuelles. De nos jours, l’imaginaire collectif associe généralement cette méthode aux prisonniers et à quelques adeptes marginaux. Ces derniers optent pour la simple aiguille, la plupart du temps, dans le but d’économiser. Quant aux prisonniers, ils ne peuvent tout simplement pas s’évader pour se rendre au salon de tatouage le plus près.

Loïc Rousseau

Photo courtoisie

Loïc Rousseau

Loïc voit beaucoup d’avantages au «handpoke», même si cette technique lui prend beaucoup plus de temps. Le tatoueur développe par exemple une relation plus intime avec la personne, atteint des régions du corps plus difficile d’accès, évite le bruit de la machine, etc.

Jusqu’à présent, celui qui est aussi connu sous son nom d’artiste Roméo tatoue dans le confort de son salon. La transformation d’une pièce de son appartement en espace de travail n’a pas agacé sa colocataire. Au contraire, elle est elle-même tatoueuse. Les deux Français d’origine se sont rencontrés en Angleterre, avant d’emménager ensemble à Montréal. Maureen et Loïc ont commencé à tatouer quelque temps après leur arrivée, en s’exerçant, entre autres, sur la peau de l’un et de l’autre. Offrant leurs corps à la science (en quelque sorte), ces deux cobayes ont ainsi peaufiné leur technique, avant d’en faire profiter à des inconnus.

Maureen, à la différence de Loïc, a opté pour la machine électrique. Même si les deux tatoueurs ont des méthodes de travail différentes, leur style est similaire. Leurs dessins minimalistes contrastent avec les œuvres plus imposantes et plus colorées des tatoueurs des années 90 et 2000. Il faut dire que cette approche simpliste et un peu enfantine par moments a la côte ces derniers temps. On a rencontré Maureen et Loïc dans leur salon pour discuter de leur parcours et leur point de vue sur le tatouage contemporain.

Tant qu’à faire, les deux ont bien voulu se tatouer mutuellement.