Dans la classe de la première prof d’université sourde au Québec | Tabloïd
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Dans la classe de la première prof d’université sourde au Québec

Véronique Leduc est devenue cet été la première personne sourde au Québec à obtenir le titre de professeure d’université.

Celle qui enseigne au Département de communication sociale et publique de l’UQAM a plusieurs cordes à son arc : chercheuse, militante, artiste. Elle a travaillé sur des questions touchant les groupes féministes, les travailleuses de rue et, évidemment, la communauté sourde.

La surdité de la professeure s’est manifesté dès sa naissance, mais c’est à l’âge de sept ans qu’elle en a la confirmation officielle.

Denise, la marraine de Véronique, qui a travaillé dans le domaine de la surdité pendant 35 ans, remarque alors à plusieurs reprises que la jeune fille éprouve de la difficulté à entendre. Sa marraine convainc donc la mère de Véronique de lui faire passer un audiogramme. Résultat : une surdité moyenne à sévère.

Elle se souvient évidemment de ce moment encore à ce jour. «J’ai réalisé l’impact que ça l’avait sur ma mère, mais je ne me rappelle pas [...] de vivre ça négativement ni positivement au moment du diagnostic, c’était plus un événement nouveau, curieux», relate-t-elle.

Ayant grandi dans une famille entendante, Véronique a dû apprendre à lire sur les lèvres, mais cette technique reste très exigeante pour elle.

Courtoisie

«Souvent, je dis à la blague que je ne fais pas d’hangover, je fais des earingover.» — Véronique Leduc

Elle ne vit donc pas des lendemains de veille de boisson, mais bien de communication, parce que la lecture labiale lui demande beaucoup d’efforts.

Véronique commence à apprendre la langue des signes québécoise (LSQ) à l’âge de 11 ans, mais c’est un peu plus tard qu’elle l’utilisera plus fréquemment.

La professeure a d’ailleurs amorcé le cours auquel on a assisté en LSQ, un rituel qu’elle répète depuis le début de la session scolaire. Son interprète, Geneviève Bujold a ensuite transmis les commentaires et les questions des étudiants. Puis le reste du cours s’est déroulé comme tout bon cours universitaire avec ses discussions, ses inattentions et ses interrogations. Seule la traduction en LSQ faisait un peu changement, signe que les droits des sourds progressent petit à petit.

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